Thomas White : I Dream Of Black
Thomas White est boulimique.On le savait déjà multi instrumentiste, peu enclin à se décider véritablement pour une discipline plus qu’une autre, le chant ou la guitare, et vice versa...
On le savait déjà aux commandes de The Electric Soft Parade aux cotés de son frère Alex en 2001, puis ce binôme prolifique fait naitre Brakes en 2002, rejoint par le claviériste Eamon Hamilton. Enfin, comme si cela ne lui suffisait pas, voila que Tom décide de se lancer dans une autre aventure musicale, en solo cette fois. I Dream Of Black, (Drift Records) condense une musicalité et une mélodie épurées, à l’image de Tomas White, méticuleux et avide de perfection.
L’album débute sur la mélancolique It Is Wrong To Lose Faith In The Person You Used To Love, particulièrement triste, et qui instantanément fait planer l’aura d’Elliot Smith comme principale influence tout au long de l’album. A coté des guitares de Brakes, on plonge résolument dans un univers différent, fardé de psychédélisme et mélopées harmoniques planantes. The Silent Stops Tonight ou Will The Moon Rise Again sont de ces petites perles lyriques qui vous ravissent les oreilles un temps, mais sans véritablement marquer votre esprit. Alors que The Runaround se détache résolument de ce folk-indie enveloppant, grâce à ce cri de guitare très efficace, en emphase du refrain, et sa rythmique un peu plus relevée. On pourrait regretter qu’il n’y ait qu’un seul titre de cette trempe sur l’ensemble de l’album. Ponctué par les instrumentaux I Dream Of Black ou le ressac expérimental de White Wave, ce disque solo résonne comme un portrait intimiste de Thomas, partagé entre rêve et désillusion, sur fond de subtils arrangements et mélange de genre.
L’ensemble de l’album (dix titres), assez homogène, est certes, brillamment arrangé, mais finalement peu original. On y retrouve ça et là, plusieurs clins d’œil aux ambiances calmes de Air ou Boards Of Canada, avec parfois, un morceau ovni, This Is Just A Little Interlude, sorte de pause un peu plus légère et joyeuse, afin de nous extirper l’espace d’une minute de notre bulle mélancolique.
Le final, Wartime Love - Solar Collapse, un chouia grandiloquent, clôt cet opus magistralement par un affolement de sonnerie en tout genre, avant de rendre la part belle à l’orgue salvateur…Du grand Thomas White sans aucun doute, « workholic » notoire, qui nous offre un album aux antipodes de ses formations antérieures, nous livrant par là même un large panel de son champ d’action, toujours en ébullition ; toujours vers des expérimentations nouvelles. Boulimique, je vous dis !


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