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Isobel Campbell

Bow To Love

Isobel Campbell - Bow To Love
Chronique Album
Date de sortie : 14.06.2024
Label : Cooking Vinyl
45
Rédigé par Pierre-François Long, le 13 mai 2024
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Toute nouvelle production d'Isobel Campbell attire immanquablement l'attention. Mine de rien, peu d'artistes peuvent se vanter d'avoir été membre d'un groupe phare de la scène pop anglaise (Belle And Sebastian), puis d'avoir collaboré avec une figure du stoner US (Mark Lanegan) tout en conservant un sens certain de la mélodie qui fait mouche. Et de ce point de vue, Bow To Love est une vraie réussite, l'album comprenant très peu de temps faibles.

Le disque démarre en douceur par Everything Falls Apart, Isobel Campbell susurrant quasiment une comptine tout en s'adressant à un « son of a bitch », ce qui ne manque pas de sel. Les synthés sont assez présents, mais ce sera quasiment la seule fois sur l'ensemble de l'album. Ainsi, dès Do Or Die, la guitare acoustique et la contrebasse font leur apparition, avec en prime une petite batterie jazzy livrée avec balais. C'est d'une grande délicatesse, avec notamment un final magnifique comprenant piano et violon. Spider To The Fly sonne comme une sorte de mantra assez hypnotique, et apparaît davantage comme un morceau de transition.

Second Guessing se situe toujours dans la même veine, avec Isobel Campbell usant de sa voix comme si elle voulait bercer l'auditeur. Bow To Love est basée sur petit gimmick de guitare bien prenant, et les bonnes idées d'arrangements (violon en pizzicati bien vu, batterie en mode tambour militaire sur le final pour apporter des nuances) sont légion. Avec 4316, premier single extrait de l'album, le tempo s'accélère, les synthés reviennent, et l'ensemble a des côtés R.E.M. loins d'être désagréable. Dopamine porte très mal son nom puisqu'elle est très lente, tourne sur deux accords ultra éculés et dure plus de cinq minutes. Et pourtant, ça fonctionne parfaitement car Isobel Campbell parvient à apporter nuances et subtiles variations dans ses arrangements. Un morceau très finement exécuté et vraiment remarquable.

Keep Calm, Carry On ressort finalement comme le seul morceau franchement dispensable de l'album, n'apportant pas grand-chose à ce dernier. Saturday's Son est en revanche très belle, avec une mélodie de la voix rappelant au départ celle de Blowin' In The Wind. Picking splendide, vraie mélodie, c'est validé.
Avec Take This Poison, Isobel Campbell propose un morceau dark surprenant, assez flippant mais totalement maîtrisé. Om Shanti Om poursuit sur la même lancée, et apparaît donc un peu redondant, mais ces réserves fondent comme neige au soleil lorsque survient You. Avec son côté « Kylie Minogue a enregistré un deuxième titre avec les musiciens de Nick Cave », le résultat est tout bonnement magnifique, avec une interprétation là encore pleine de nuances.

Pour finir, le coup de grâce avec Why Worry, soit la reprise d'un titre méconnu mais magnifique de Dire Straits, dont la version originale était un peu massacrée par la production de l'époque. En l'épurant au maximum et en lui rajoutant de discrètes cordes, Isobel Campbell met en lumière la splendide mélodie imaginée par Mark Knopfler il y a près de quarante ans, et clôt ainsi un album absolument remarquable.
tracklisting
    01. Everything Falls Apart
  • 02. Do Or Die
  • 03. Spider to the Fly
  • 04. Second Guessing
  • 05. Bow to Love
  • 06. 4316
  • 07. Dopamine
  • 08. Keep Calm Carry On
  • 09. Saturday's Son
  • 10. Take This Poison
  • 11. Om Shanti Om
  • 12. You
  • 13. Why Worry
titres conseillés
    Do Or Die, 4316, Dopamine
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