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Losers

Beautiful Losers

Losers - Beautiful Losers
Chronique Album
Date de sortie : 13.09.2010
Label : Gung Ho!
2
Publié par Thibaud, le 12 septembre 2010
J'ai toujours pensé qu'il doit être difficile de trouver un nom pour son groupe, mais jamais l’idée ne me serait venue de choisir Losers. Non pas que j’ai une très haute estime de moi, mais avouons que le mot manque cruellement de classe, de charisme. Mais soit, là n’est pas l’important. Losers, banal groupe de rock anglais privé de son « The » ? Belle erreur, puisque voici un duo tout droit venu de Reading et jouant de l’electro.

L’electro fût pour moi une découverte tardive, n'ayant jamais été le style musical qui m’aura défloré les oreilles. Mais après quelques années d’écoutes et de découvertes, passées à forger des goûts et des affinités avec ce genre qui possède sans doute des centaines de sous genres, je vous avouerais que je n’écoute pas forcément la crème du genre. Alors oui, je tolère sans peine les bulldozers de type Justice, loin d’être des perfectionnistes, mais qui ont le mérite de faire une musique qui groove. Tout ça pour en arriver où ? Dans le vif du sujet, bien entendu, puisqu’après moult écoutes attentives de ce Beautiful Losers, la question de catégoriser Losers plutôt près de l’electro simpliste ou expérimentale est posée, et on s’interrogera sur la qualité de cette album au final très décousu…

L’écoute d’une traite de Beautiful Losers laisse perplexe. A vrai dire, aucune véritable continuité dans l’enchaînement des morceaux ne se dégage, aucune ligne directrice n'apparait, et les titres s’enchaînent sans véritable harmonie. Le premier album Justice, par exemple, n’était pas exempt de ces défauts, mais on accordera justement au duo français une patte, du moins des thèmes sonores raccordant les titres entre eux et créant une certaine atmosphère. Ici, mis à part un goût prononcé pour les chromatismes et ambiances graves et sombres, on est très vite perdu dans ce son cruellement dénué de charisme.
Soyons triviaux, Beautiful Losers n’a pas de gueule, ne possède pas ce petit plus qui ferait de lui ne serait-ce qu’un bon album pour dancefloor. On a du mal à comprendre où veulent en venir les deux comparses, partagés entre expérimentations (l’ennuyant Nothing Will Die ou les huit minutes de montée et spleen de Never Meant To Be) et titres beaucoup plus passe-partout (Sirenna, qui fait irrémédiablement penser aux Midnight Juggernauts), presque vulgaire même (Flush, titre axé grindcore que n’aurait pas rejetés les Hadouken!).

Azan est également un cas étrange, flirtant allégrement avec les six minutes et que l’on croirait proche du meilleur de Rob Dougan. Avec celui-ci, Losers nous emmènent dans une ambiance beaucoup plus pesante et minimaliste, le tout reposant sur une rythmique martiale oppressante. Pourtant, il manque toujours cet instant où le titre va nous mener dans un ailleurs, ne serait-ce que sonore,où l’on peut se dire « là, on tient quelque chose ».
Beautiful Losers s’écoute sans conviction, sans joie. Oui, l’ambiance noire de l’album y est sûrement pour beaucoup, mais c’est sans doute la pauvreté des compositions, et l’absence d’effets pour combler ces défauts qui font que cet album est au final difficile à digérer. A l'exception de quelques titres particuliers comme Azan ou encore Summertime Rolls (titre de clôture fin et langoureux comprenant une participation de Brian Molko de Placebo), on se perd bien vite dans les abysses où nous ont lâchés Losers.

Un périple pas très beautiful donc, et un essai clairement en demi-teinte. Allez, tout n’est pas perdu…
tracklisting
    01. Three Colours
  • 02. No Man Is An Island (Losers Theme)
  • 03. Nothing Will Die
  • 04. Flush
  • 05. Never Meant To Be
  • 06. Azan
  • 07. Sirenna (Today We See Colour)
  • 08. Katana
  • 09. Talk To The Hand
  • 10. Summertime Rolls
titres conseillés
    Azan, Summertime Rolls
notes des lecteurs
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