Chronique Album
Date de sortie : 29.11.2004
Label : Bearos
Publié par
Maxence, le 20 février 2005
77 minutes de musique. 77 minutes d'une orgie phénoménale. Ici on ne fait pas de la musique pour coller à un genre, à une image. Ici aucun prétention. Non ici, on fait de la musique. 77 minutes donc. Pourquoi se fixer des limites, lorsque l'on est doté d'une créativité exemplaire? Oui aux premiers abords ,il est tentant de rapprocher le concept de l'album du post-rock. Oui des morceaux de 20 minutes en moyenne font forcément penser à un schéma classique usé jusqu'à l'ecoeurement de certains.
Seulement voilà, ici, ces 77 minutes de musiques ne sont là seulement parce qu'une chanson de 5 minutes n'aura jamais les épaules pour supporter le poids d'une richesse telle. Les morceaux de Souvaris sont des mines d'or. Les plus blasés y verront les références, toutes plus géniales les unes que les autres. Mais les plus attentifs y trouveront avant tout une emotivité rare, doublée d'une pertinence permanente. Pas une boucle superflue, pas un accord inutile, une absence totale de clichés. L'emerveillement est constant.
Il n'y a pas dans cet album de grandiloquence, de génie à l'état brut, de technicité extrême, la musique semble si proche de nous, malgré la beauté de la chose, cette merveille semble à la portée de quiconque. Pas d'élitisme donc. Mais une richesse et une densité extrêmes, tant emotionelles que musicales, mais sans jamais donc s'éloigner d'une sublime humilité.
On en vient presque à penser qu'un CD ne suffit pas à Souvaris pour qu'ils s'expriment. Oui la beauté prend de la place, mais ici, elle n'est point encombrante, on a envie de la prendre avec nous, de lui trouver une place. Et du coup, vingt minutes pour un morceau aussi magique que Be He That Lives To Telephonic Only ! semble terriblement réductrices voire frustrantes. Mais c'est aussi là, la beauté de cette magie. Ne pas tout dire, ne pas tout faire, et laisser à l'auditeur sa part dans ce monde.
Chaque morceau est un univers, une histoire, sans paroles, mais forcément concernante. Immaculée, innocente au départ, ces mélodies, se chargent d'émotion au fur et à mesure que le compteur de la chaîne égrène les secondes. Impossible de determiner la nature de cette histoire contée, mais pour ma part, c'était du vécu. La musique de Souvaris parle de la plus belle des manières, sans un mot.