Chronique Album
Date de sortie : 02.04.2012
Label : Fortuna Pop!
Publié par
Hybu, le 25 mai 2012
Voici une nouvelle collaboration entre deux très beaux labels, Slumberland et Fortuna Pop!, que nous aimons suivre et supporter de tout notre cœur. Ces deux là luttent contre vents et marrées, boutant dans un corps à corps vigoureux les vulgaires et les commerciaux, défendant une certaine esthétique de l'indie pop et créant une oasis de douceur et de coquetterie dans ce monde de brute. Pourtant, avec ce premier album d'Evans The Death, les deux labels ne passent pas loin du faux-pas impardonnable. On ne peut pas découvrir un nouveau The Pains Of Being Pure At Heart tout les jours.
Tout semblait pourtant commencer comme nous l'aimons : un groupe de cinq anglais, passionnés par la pop, celle des 80s évidemment, The Primitives en tête, le tout produit par Rory Attwell, le monsieur derrière la console de la plupart des réussites anglaises de ces trois dernières années (Male Bonding, Veronica Falls, Weird Dreams ou les prometteuses Novella). Mais, il y une poussière dans l'engrenage, quelque chose qui coince.
Si l'on reconnaîtra sans peine l'évidence mélodique de leur compositeur et parolier en chef Dan Moss, capable de balancer des saillies pop-punk catchy comme d'autres enchaînent les verres de Jack, il y a cette voix, cette chanteuse, Katherine Whitaker, ruinant à coup de goitre sur-joué les mélodies adolescentes du pauvre Dan.
Beaucoup y trouveront certainement le truc en plus, ce qui fait qu'Evans The Death se singularise des autres groupes d'influences 80s de la scène, pourtant, il y a comme un décalage, un violent contre-sens esthétique. Celle dont la voix renvoie parfois aux Long Blondes ou les infortunés Stricken City, est, ici, plus agaçante que jamais. Seuls les morceaux où l'organe se fait le plus discret (Telling Lies, Catch Your Cold) font passer la pilule, non sans mal, le médicament n'étant pas d'une efficacité terrible.
Katherine Whitaker n'est pas une mauvaise chanteuse, mais en grossissant la voix, en gonflant ses poumons, elle plombe violemment le disque. Ce premier album d'Evans The Death aurait pu être une réussite si le groupe avait bridé ses vocalises emphatiques. L'indie-pop doit-elle être timide et sobre ? Probablement !