Chronique Album
Date de sortie : 21.01.2013
Label : Sargent House
Publié par
Romain, le 29 janvier 2013
Originaires d’Oxford et formés en 2004, This Town Needs Guns sortent un second album sous le label américain Sargent House, intitulé 13.0.0.0. Un beau disque qui demande surtout plusieurs écoutes pour bien percevoir le pouvoir de ses mélodies.
En lisant le nom du groupe, on pourrait s’imaginer un rock très agressif, pourquoi pas clairement métal. En découvrant le titre de l’album, on s’attendrait presque à décrypter un code ou une suite mathématique. Après étude, l’une des deux hypothèses seulement s’avère juste.
À l’instar de Foals, This Town Needs Guns est en effet un groupe de math-rock. Pour faire simple, le math-rock est une branche du rock, entre musique expérimentale et indie, qui a émergé à la fin des années 80 aux États-Unis. Il est basé sur la complexité des rythmes ainsi que sur l'enchaînement et la mise en place des riffs et mélodies souvent dissonants. Un style très complexe, où divers instruments s’unissent pour obtenir un son pur et coloré.
La première vraie surprise de cet album réside en la voix du chanteur et bassiste, Henry Tremain. Cette voix douce accompagnée des riffs de guitare donne une saveur acidulée des plus agréables et rappelle étrangement celle d’Alex Trimble, leader des Two Door Cinema Club. Le genre de voix insupportable pour certains, magique pour d’autres. La seconde est l’équilibre parfait de l’album. 13.0.0.0.0 s’apparenterait ainsi presque à une seule et unique piste tant les enchaînements des morceaux ainsi que l’alternance entre les temps forts et temps calmes se font naturellement.
Si le math-rock est une science exacte, il en ressort un petit point noir. Il existe une telle alchimie entre les titres qu’il apparaît difficile d’en extraire un, deux ou trois qui puissent endosser le rôle de « singles ». Cela ne veut pas dire que tous les morceaux se ressemblent, mais plutôt que l’on écoute les douze pistes d’une traite sans vraiment retenir particulièrement un titre que l’on va préférer.
Heureusement, le trio anglais sait mettre en valeur les instruments, surtout ceux à cordes, pour marquer les oreilles. On notera notamment le solo de basse sur I’ll Take The Minute Snake, la balade de la guitare sèche au début de 2 Birds, 1 Stone And An Empty Stomach ainsi que le solo de harpe de Pygmy Polygamy. Et que dire encore de ces deux minutes et cinq secondes d’accords de guitare électrique sur fond le bruit de vagues rejoint par des rythmes électroniques. Tout simplement superbe.
Si le côté un peu trop linéaire et expérimental de 13.0.0.0 peut être considéré comme peut être considéré comme son talon d'Achille, on n’en demeure pas moins bluffé par la richesse musicale que contient cet étonnant album.