Chronique Album
Date de sortie : 27.05.2013
Label : Song, By Toad Records
Publié par
Johan, le 28 mai 2013
Deux ans ! Il aura fallu attendre deux ans pour enfin poser une oreille sur le troisième album de Sparrow And The Workshop, eux qui n’avaient eu besoin que d’un an pour nous concocter un second album aussi réussi que le premier. Deux ans durant lesquels leur son a mûri, accouchant d’un Murderopolis quelque peu différent de ses prédécesseurs.
Le trio glaswégien a su s’imposer en 2010 avec un premier album, Crystals Fall, alors que le groupe se faisait jusque là assez discret. Un an après, il confirme son talent avec Spitting Daggers, second opus plus intimiste mais toujours aussi osé et prenant. C’est aujourd’hui Murderopolis qu’il nous propose, se concentrant cette fois davantage sur le rock tout en n’oubliant pas ses à-côtés.
Ce qui frappe d’emblée, une nouvelle fois, est la voix de Jill O’Sullivan, frontwoman et chanteuse du groupe. Valley Of Death met en avant ses cordes vocales, instrument ô combien central et précieux de Sparrow And The Workshop, d’autant plus sur ce disque qui s’avère être plus sombre et posé que les deux précédents.
Composé à l’origine pour être interprété à la guitare acoustique et au chant, ce premier titre pose les bases d’un album qui se veut plus contenu, plus réfléchi. Après nous avoir habitué à un rock fait de folk décomplexée, de country épique et de riffs rentre-dedans, c’est à présent un rock plus contenu, sauvage et tendu qui habite la musique de Sparrow And The Workshop, dont le splendide Odessa pourrait être le porte-étendard.
La basse et la guitare de Nick Packer et la batterie de Scotsman Gregor Donaldson accompagnent religieusement le chant sépulcral de Jill O'Sullivan, conviant aussi bien des chevauchées chaotiques (The Faster You Spin, Shock Shock) que des balades paisibles, notamment en fin de course (The Glue That Binds Us, Autumn To Winter, Water Won't Fall).
Moins pop psyché et épars que ses prédécesseurs, mais possédant ses quelques moments fous, Murderopolis n’en est ainsi pas moins une grande réussite. Pour qui est familier du son de Sparrow And The Workshop, il ne sera pas déboussolé : le groupe parvient à synthétiser son univers musical tout en lui conférant une intensité moite et organique sans même perdre le nord ni son identité.
On pourrait finalement voir cette « trilogie » comme une évolution logique dans la discographie du groupe, proche de musiques de film : Crystals Fall serait la bande originale d’un western spaghetti de Leone, Spitting Daggers se la jouerait True Grit et ce Murderopolis accompagnerait nos trois héros dans un road trip en plein désert façon Paris, Texas. Attendons de voir dans quel film on va se retrouver sur le quatrième album !