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John Lennon McCullagh

North South Divide

John Lennon McCullagh - North South Divide
Chronique Album
Date de sortie : 14.10.2013
Label : 359 Music/Cherry Red Records
15
Publié par Claire, le 25 janvier 2014
John Lennon McCullagh. Avec un tel patronyme, intentionnellement gardé, les parents du jeune anglais pensaient certainement en faire une future rock star, ou tout du moins la rock star de sa ville. C'est donc avec son premier album que le jeune gars du Yorkshire, auréolé de critiques dithyrambiques de la part d'Alan McGee, déboule dans le sillage de Jake Bugg, prêt à lui piquer sa première place dans les charts.

Mais voilà, c'est bien là que le bât blesse. A force de vouloir chercher le nouveau jeune gars à la gueule d'ange et à la Gibson bien accrochée en bandoulière qui pourra enflammer les médias et les adolescents, les maisons de disque finissent toujours par trouver. En moins bien. Une version au rabais en quelque sorte. Certes, McCullagh n'a que quinze ans, et certes, il se débrouille à la guitare, et certes encore, il sait qui sont les Beatles, Bob Dylan et Johnny Cash. Il sait aussi écrire quelques paroles correctes et les mettre en musique. De là à s'extasier et à en faire plus que le rebelle de la cour de récré du lycée, il n'y a visiblement qu'un pas un peu trop rapidement franchi.

L'album débute par trois titres folk clairement inspirés par Bob Dylan dans lesquels la voix de McCullagh est mise en avant. Un peu trop. Car il n'a ni le timbre de Jake Bugg, ni le côté nasillard de Dylan ni le phrasé de Johnny Cash ni la puissance de feu des Strypes. North South Divide est le titre présenté comme phare. Sorti en single, la chanson n'en reste pas moins un réchauffé de clichés sur le thème « c'était mieux avant » : c'était mieux quand il y a avait des pubs partout, quand on trouvait du travail à 16 ans à l'usine. Bref, l'adolescent qui regrette de ne pas avoir connu la vie de ses grands-parents.
L'ensemble de l'album alterne ainsi entre hommages appuyés à Bob Dylan et son harmonica, comme sur It Never Rains, Colours Of The Sun voire Slipping Away, et ballades type folk irlandais sur Rivers Of Blood dans laquelle McCullagh s'essaie à la critique sociale en parlant d'immigration. Deux titres tirent leur épingle du jeu : The Ballad Of A Blue Poet et The Ballad Of Mr Henderson dans lesquelles John Lennon McCullagh prouve qu'il sait à la fois maîtriser et poser sa voix et écrire des lyrics de qualité.

Posséder une guitare, connaître la discographie de Dylan, porter un blouson en jean élimé et avoir une paire de Ray-Ban ne fait pas de n'importe qui une légende. John Lennon McCullagh va d'abord devoir apprendre à abandonner tous les clichés dans lesquels il semble avoir été bercé et arrêter de singer ses aînés pour espérer mettre en avant des titres qui lui ressemblent plus.
tracklisting
    1. 55 Blues
  • 2. North South Divide
  • 3. Long, Long Way
  • 4. The Ballad Of A Blue Poet
  • 5. It Never Rains
  • 6. Rivers Of Blood
  • 7. The Ballad Of Mr. Henderson
  • 8. Colour Of The Sun
  • 9. Slipping Away
  • 10. Short Sharp Shock
  • 11. White Rose
  • 12. The Strand
titres conseillés
    Short Sharp Shock, The Ballad Of A Blue Poet, The Ballad Of Mr Henderson
notes des lecteurs
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