Chronique Album
Date de sortie : 03.02.2014
Label : Decca
Publié par
Caroline Dall'o, le 2 février 2014
Amis de voix félines, prenez garde ! Du lion, Tom possède certes la crinière blonde alourdie par les pluies tropicales, mais son âme serait davantage celle d'un innocent agneau si l'on se fit à la douceur diffuse qui émane de l'ensemble des compositions du monsieur.
Avec ses mélodies pop mélancoliques s'inscrivant dans un songwriting plutôt classique, l'univers du jeune homme avait attiré l'attention fin 2011 à l'occasion d'un premier disque, joliment intitulé The Adventures Of Tom The Lion. Celui-ci, présenté dans une magnifique boîte en bois ornée de la fameuse tête de lion, regroupait les titres publiés quelques mois plus tôt sur deux EP, complété d'un maxi disponible uniquement chez Rough Trade. Ce jeune batteur, homme orchestre, auteur-compositeur-producteur, avait ainsi reçu les faveurs de la grande maison de disque sus citée et mobilisé les attentes de nous autres mélomanes en quête de pépites.
C'est ainsi que l'on apprenait la sortie avancée de quelques mois de ce fameux second album pour les premiers jours de février 2014. Comme auparavant, Tom The Lion maîtrise le projet de A à Z, assurant également toutes les parties instrumentales et électroniques. Un exercice périlleux dont il se sort avec honneur, quand bien même on pourra regretter par moment le manque de nuances qu'apporte le jeu de groupe, ces petits rien qui font les grands frissons. Certes les arrangements ne sont jamais bâclés, le musicien allant chercher des saveurs venues d'autres sphères, comme le prouve la fin de Ragdoll, mais demeure ce je-ne-sais-quoi qui nous laisse sur notre faim : après avoir décollé progressivement grâce à Sleep et Motorcard au refrain impeccable de puissance et de lyrisme, une vitesse de croisière s'installe. Pourtant de beaux moments habitent ce second album : on retiendra le travail intelligent sur les arrangements entre électricité et électronique, les jeux de voix entre lead et chœurs, et ses petits moments magiques que l'on découvre au cœur de titres tels que Our Beloved Past et Sleep, l'originalité de Oil Man ou de Ragdoll...
Musicalement intrigant, on s'explique difficilement cette impression de redondance qui émane de l'écoute intégrale de cet album, si ce n'est du fait même de la douce monotonie des lignes de chant répétitives qui nous rappelle que Tom The Lion, avant d'être chanteur, est avant tout un musicien.