Chronique Album
Date de sortie : 12.02.2016
Label : Fortuna POP!
Publié par
Yassine, le 8 février 2016
Flowers, jeune trio londonien né en 2012 et composé de Rachel Kenedy (chant), Sam Ayres (guitare) et Jordan Hockley (batterie), reprend du service. Après avoir réalisé, sous la coupe de Bernard Butler, un premier album subtil intitulé Do What You Want To, It's What You Should Do en 2013, il signe en ce mois de Février son retour avec Everybody's Dying To Meet You, qui sort simultanément chez Fortuna Pop Records (UK) et Karine Records (USA).
Pour ce deuxième opus, le groupe a planté ses graines musicales au Bark Studio de Walthamstow, en confiant les rênes de l'enregistrement à un autre producteur, Brian O'Shaughnessy (à son CV : The Clientele, Primal Scream, My Bloody Valentine). Une collaboration nouvelle, avec des mélodies se voulant plus libérées, plus communicatives que lors du précédent album, où une nuance s'installe entre des mélodies pop et une noise épurée qui flirte parfois avec le style shoegaze (Bathroom Sink). Surtout, les guitares criardes de Sam et les rythmes métronomiques du batteur Jordan s'associent pour mettre en lumière la singularité de Rachel qui, comme Elizabeth Fraser, possède une voix éthérée, pleine de charme, qui nous transporte de bout en bout du voyage.
Si l'ambition de se renouveler et d'ouvrir sa musique à un public plus large semble bel et bien réelle, le résultat final laisse un arrière-goût d'inachevé. Pull In My Arm, premier single lancé il y a quelque mois, joué avec fugacité et détermination, montrait pourtant de belles dispositions. Au lieu de cela, la plupart des chansons nous happent essentiellement dans une forme de nostalgie, intense et palpitante, saupoudrée d'une mélancolie parfois... débordante, voire suffocante. Un air de déjà vu qui peut se montrer parfois lassant.
On trouve néanmoins quelques surprises, comme sur les titres Ego Loss et All At Once, qui rappellent indirectement Cocosuma, autre trio pop (parisien) qui a bénéficié d'un succès d'estime au milieu des années 2000, où seuls les riffs obstinés des guitares remplacent les notes volatiles du clavier. D'autres clins d’œil se font plus intentionnels, à l'image de l'excellent Russian Doll, qui sous une toile de fond post-punk, laisse peu de doute sur l'hommage rendu à Cocteau Twins. De même, l'influence de PJ Harvey (celle des débuts) se fait sentir sur le stimulant Tammy.
Pour le reste, peu de nouveautés, le groupe ayant clairement privilégié les bons arrangements aux terres inconnues. S'il pèche par son manque de diversité, le nouvel album plaira surtout à un auditoire friand de chansons minimalistes et d'un chaos sonore contrôlé, le tout bercé par une voix captivante. Flowers a tout de même le mérite d'avoir su exploiter, avec intelligence, ses atouts pour laisser place à un disque cohérent, bien fignolé, doté d'une saveur particulière susceptible d'éclore sur les divers jardins scéniques qui s'offriront à lui. Pour peu que l'enthousiasme soit au rendez-vous.