Chronique Album
Date de sortie : 06.02.2026
Label : Dance To The Radio
Publié par
François-Xavier Espiau, le 5 février 2026
Venue du Yorkshire? et après une multitude de singles parsemés depuis 2020, la chanteuse ELLUR nous livre son premier album, At Home In My Mind.
Il est toujours intéressant d'étudier l'évolution d'un artiste depuis ses débuts jusqu'à l'aboutissement du premier album, tant celui-ci est parfois difficile à faire accoucher. Force est de constater que le style plutôt pop de 2020 s'est mué ici vers une forme de détachement noisy/cotonneux. Cette mutation est aussi visible dans l'iconographie qu'ELLUR a choisie pour accompagner son environnement musical : des couleurs à la Nina Hagen des années 80s (sur le single Migraine, sorti en 2021) à des images en noir et blanc ambiance anglaise victorienne et vidéo clips introspectifs en contre jour.
Les cinq titres annonciateurs ont été publiés bien en amont, au fil du temps, pour nous faire désirer l'album. La première écoute globale et d'une traite se fait sans accroc, on se laisse prendre par la main avec le titre God Help Me Now, porté par la voie légère et quelques guitares lancinantes, pour s'achever avec un morceau à la douce tranquillité, Konwing. Réécouter l'album quelques heures ou jours après peut déclencher un autre attrait , une autre perception que la première impression, surtout si l'on n'est pas conquis dès le début, ce qui est mon cas. Finalement c'est donc au milieu de l'album que l'alchimie prend, où les deux titres The World Is An Oyster et surtout Disintegrate réveillent l'ensemble et suscitent davantage la curiosité. Mais, comme déjà constaté, le soufflé retombe sur une fin de disque avec des ballades plaintives.
En toute honnêteté, on est un peu circonspect par le résultat. La première écoute est flatteuse mais on a impression d'avoir déjà entendu tout ceci plusieurs fois. Si l'art est un éternel recommencement, ou a minima une évolution permanente basée sur la réappropriation et la réinvention, il est bien difficile d'être original et se démarquer sans parodier l'existant, ou de tuer les figures emblématiques.
Au final, l'album, au demeurant très bien produit, tout comme les vidéo clips bien réalisés, est agréable à écouter, mais il manque un grain d'originalité à l'ensemble. Il faudra probablement un second disque pour qu'ELLUR affirme sa personnalité, car la jeune fille a du talent. Nous serons au rendez-vous.