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Demob Happy

The Grown-Ups Are Talking

Demob Happy - The Grown-Ups Are Talking
Chronique Album
Date de sortie : 30.01.2026
Label : Milk Parlour Records
3
Publié par Adonis Didier, le 29 janvier 2026
Il y a les grands qui causent, et Demob Happy ne sont pas à la table. Après le carton plein il y a trois ans du divin Divine Machines, le trio basé à Brighton revient pour un quatrième album intitulé The Grown-Ups Are Talking, et il est désormais temps de se le dire, Demob Happy sont un peu devenus des boomers. Le croisement de Queens Of The Stone Age et de David Bowie est maintenant un daron qui fait des blagues de daron et conduit un break familial dans la Seine-et-Marne. Un pavillon de banlieue à Champs-sur-Marne, parce que Paris c'est trop bruyant et pollué, on n'a plus l'âge pour ça, et puis avec Mathilde on pense aux enfants, on a la crèche à trois pas et le collège est tout neuf. D'ailleurs, demain c'est la fête des voisins, on a fait du cake salé, tu passeras ?

Un cas typique de gens que vous considériez comme vos amis avant de raccrocher le téléphone, de ne jamais passer les voir à Champs-sur-Marne parce que la Seine-et-Marne vous ne savez même pas où c'est et que le cake salé c'est dégueulasse, et de retourner au bar parce que quand même il est déjà seize heures. Bref, Demob Happy se sont empâtés et embourgeoisés depuis la réussite colossale qu'était Divine Machines, et à trop tenter de concilier rock n'roll et maturité, leurs gros riffs sexy et sulfureux d'antan ne font plus bander grand monde.


Exception faite de No Man Left Behind et de ses breaks colossaux, la plupart des titres de rock fuzzy désertique semblent en pilote automatique : Judas Beast et la doublette Miracle Worker Pt.1 et Pt.2 ressemblent à du David Bowie peu inspiré sous amphet', Who Should I Say Is Calling? se la joue funky seventies mais donne autant la gaule que le tapis défraîchi de sa pochette, et ce ne sont pas les cinq minutes et trente secondes d'attitude cowboy-playboy psychédélique de Little Bird qui vont rattraper l'auditeur, pour peu qu'il soit déjà arrivé jusque-là.

On ne parlera pas non plus de Don't Hang Up, une lente complainte au piano de trois minutes qui semblent en durer trente, et on se consolera des deux jolies chansons de fin : Something's Gotta Give et la Radiohead-ienne Give It All To Me. Du xylophone réverbéré dans des lignes de fuzz lyophilisées sous-vide, le spectre de OK Computer se perd dans les catacombes oniriques de Josh Homme et offre une fin des plus sympathiques à un album que l'on espère de transition.

Le début de la fin ou un moment nécessaire de remise en question, telle est la déviation qui se dresse aujourd'hui sur la route de Demob Happy après The Grown-Ups Are Talking, un quatrième album qui ne recevra sur son bulletin pas mieux qu'un « peut mieux faire », parce qu'on sait qu'ils peuvent mieux faire et ça ne rend le résultat final qu'encore plus décevant. En attendant une tournée live qui, on l'espère, remettra les pendules à l'heure, il est venu le temps des cathédrales et des questions, des cigales et des réinventions, car à force de faire la fourmi on en oublie de vivre sa vie ; on en oublie comment chanter, comment danser, et comment l'âme du rock n'roll se crée.
tracklisting
    01. Power Games
  • 02. No Man Left Behind
  • 03. Judas Beast
  • 04. Don't Hang Up
  • 05. Who Should I Say Is Calling?
  • 06. Miracle Worker Pt. 1
  • 07. Miracle Worker Pt. 2
  • 08. Something's Gotta Give
  • 09. Little Bird
  • 10. Give It All To Me
titres conseillés
    No Man Left Behind, Give It All To Me, Judas Beast
notes des lecteurs
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