Dans la foulée d'un excellent premier album, DEADLETTER ont entamé l'écriture d'Existence Is Bliss, comme s'ils s'étaient libérés du poids des chansons qu'ils avaient portées sur scène pendant des années à tourner et à affiner leur style. Écrit dans un même élan, sans pression, et avec un besoin quasi impérieux de les garder pour eux le temps pour leur premier album d'exister sur scène, ces nouvelles compositions sont pleines d'une énergie contenue qui ne demande qu'à être libérée.
Une mission dont s'est parfaitement acquitté Ben Romans-Hopcraft, chanteur de Childhood, bassiste de Warmduscher, side-kick de Dan Carey dans Miss Tiny, et producteur de ce disque. On reconnaît la patte d'un musicien dans une production minutieuse qui sublime chacun des instruments du sextet, distille des détails essentiels et assemble une machine imparable. Le groupe s'éloigne ici de l'esthétique post-punk pour afficher un style plus personnel, à l'image de ce qu'ont réussi Fontaines D.C. avant eux. What The World Missed en est l'exemple le plus marquant : la chanson démarre comme une ballade avec un saxophone langoureux, avant que la marée des émotions ne monte et que la voix de Zach ne résonne comme un appel à la révolution.
Du punk, le groupe conserve l'énergie à fleur de peau, et une fougue revendicatrice : en deux minutes et cinquante-huit secondes, Back To The Scene Of The Crime contient toute la rage du monde. Mais les compositions du groupe transcendent les clichés : la voix est forte et profonde, les guitares rugissent ou cocotent avec ce qu'il faut de distorsion pour contraster avec le timbre du saxophone, lequel reste la signature sonore du groupe, alors que la basse imprime un rythme en y ajoutant un jeu mélodique qui contribue à la richesse de leurs compositions.
Purity, It Comes Creeping et Cheers nous rappellent que DEADLETTER est également un incroyable groupe de scène et qu'il nous tarde de les revoir en concert. Avec de telles chansons, les performances promettent d'être épiques.