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Arlo Parks

Ambiguous Desire

Arlo Parks - Ambiguous Desire
Chronique Album
Date de sortie : 03.04.2026
Label : Transgressive Records
4
Publié par Adonis Didier, le 4 avril 2026
L'avantage à écrire sur des artistes anglais, c'est qu'on peut écrire n'importe quoi et blâmer Google Traduction si l'artiste se vexe. Evitez tout de même d'appeler quelqu'un un « loser magnifique », mais dans la plupart des cas, ça marche... sauf quand l'artiste en question savait parler français avant de parler anglais.

Arlo Parks, l'étoile de minuit de la soul anglaise, née en 2000 d'un père nigérian-britannique et d'une mère tchadienne-française, devenue depuis quelques années une enfant des Etats-Unis. Métaphoriquement un bébé au moment de son départ pour Los Angeles il y a maintenant plus de quatre ans, l'artiste a depuis grandi à travers de nombreuses expériences : sa relation de trois ans avec la musicienne américaine Ashnikko terminée, des tournées à n'en plus finir et un effort continu dans la production musicale depuis son premier album Collapsed In Sunbeams, et fatalement un épuisement généralisé, tant mental que physique.


Le fameux burn-out, celui qui frappe avant qu'on n'ait compris que le travail n'est pas tout dans la vie, que mettre des limites c'est OK, que les gens ne vont pas disparaître parce qu'on a pris une semaine off. Alors Arlo Parks a fait ce qui s'imposait, et chez les 2000, ce qui s'impose c'est la boîte de nuit. L'artiste a pris un bon moment pour enfin vivre, écouter de la musique, voir des films, et sortir dans les clubs de Los ANgeles, une activité que, croyez-le ou non, elle n'avait jamais pratiqué avant. En même temps, quand vous passez de concerts en studios ou de journées promo en concerts depuis vos dix-huit ans, les occasions de vivre pour soi se font rares, et c'est parfois comme ça qu'on finit par perdre la flamme. Un temps de repos et de fête nécessaire, qui aura débouché sur de nouvelles envies. C'est donc avec son collègue du duo Sonic Exploration et producteur Baird qu'Arlo Park s'est installée quelques temps à New York pour enregistrer son déjà troisième album : Ambiguous Desire.

Un album qui marque une évolution plus qu'une révolution dans la musique d'Arlo Parks : toujours soul, toujours atmosphérique, mais plus libre et plus club, intégrant des composantes techno-house avec une parcimonie presque trop remarquable et mature. Le beat en arrière-plan se fait plus rapide et plus erratique, dopé à la caféine pour tenir jusqu'à sept heures du matin. Les basses se font plus grosses et plus saturées, l'ambiance est nocturne, les désirs ambigus, mais de jour comme de nuit, Arlo Parks reste Arlo Parks. Blue Disco ouvre l'album en parfaite transition avec le précédent My Soft Machine, l'excellente Jetta accélère en douceur, on passe devant le videur avec des taz' dans les chaussettes et l'air le plus sobre possible, et dès la fin de la chanson on y est : le club.


Un club plutôt chill où on flotte en retrouvant le copain Sampha sur la magnifique Senses, chanson VIP menant à la salle de danse et à la plus grosse surprise de l'album : Heaven. Arlo Parks qui enfin se lâche et assume ses envies techno, quelques notes de piano sur un beat qui vide la tête, cette même voix éthérée qui monte du fond de la salle, ceci est une révolution mais ce sera la seule. Beams suit magnifiquement mais revient à une formule plus classique, South Seconds et Nightswimming font office de transition dans l'album, un réveil à quinze heures après une pure soirée terminée sur des souvenirs flous, et retour au club avec 2SIDED. Un pur single soul-pop aussi efficace que la bouteille de mélange fluo tendue par Jean-Kévin devant le Pink Panther, avant une lente redescente en douceur sur le duo final What If I Say It? et Floette, OG Arlo.

Ambiguous Desire est ainsi, comme son titre l'indique, un album ambigu, coincé entre les deux visages d'Arlo Parks. Face la douceur et pile la bringue, l'album est écrasé d'un côté dans le coton et de l'autre par un mur de baffles (réglé pas trop fort quand même, il faut s'entendre parler). Une situation pas désagréable mais frustrante, tant on a le sentiment qu'Arlo Parks a en elle cet album ultime, cette définition d'un nouveau genre que l'on appellerait du club-soul en buvant du club-maté, qui deviendrait une norme à Londres et engendrerait des petits de Margate jusqu'Hollywood Boulevard. Gravé à la bougie entre Aretha et Ella, A.R.L.O P.Arks avec un putain d'lettrage.
tracklisting
    01. Blue Disco
  • 02. Jetta
  • 03. Get Go
  • 04. Senses (feat. Sampha)
  • 05. Heaven
  • 06. Beams
  • 07. South Seconds
  • 08. Nightswimming
  • 09. 2SIDED
  • 10. Luck Of Life
  • 11. What If I Say It?
  • 12. Floette
titres conseillés
    Jetta, Senses, Heaven
notes des lecteurs
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