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WU LYF

A Wave That Will Never Break

WU LYF - A Wave That Will Never Break
Chronique Album
Date de sortie : 10.04.2026
Label : L Y F Recordings
35
Publié par Laetitia Mavrel, le 12 avril 2026
Souvenez-vous ! En 2011, un mystérieux groupe semait le trouble à grand renfort de teasing sur la fondation d'un culte nommé le World Unite/Lucifer Youth Foundation, dont les représentants masqués refusaient les interviews pour dénoncer le manque de crédibilité flagrante des médias et leur seule visée mercantile. Che Geverras de l'ère MySpace, les mancuniens de WU LYF, derrière lequel se dissimulaient Ellery James Roberts, Thom McClung, Evans Kati et Joseph Manning avaient alors enflammé les esprits aussi rapidement qu'ils avaient disparu de la scène publique après un seul album devenu culte.

Depuis lors, plus de nouvelles du quatuor, si ce n'est via le retour sous un nouveau patronyme de Thom McClung, dorénavant Francis Lung, mais aussi celui d’Ellery James Roberts au sein de Lost Under Heaven ou encore du projet Los Porcos. C’est alors l'an dernier que le bouillon s'est de nouveau mis à frémir avec l'apparition d'un nouveau single de WU LYF appelé A New Life Is Coming, titre évocateur du retour en activité de la formation. Pour accompagner la nouvelle musique, WU LYF ont littéralement refait surface en live, notamment lors de la Route du Rock en partageant l'affiche avec Pulp, puis à plusieurs reprises dans la capitale entre autres lors du dernier Les Inrocks Festvival. Mais alors, qu'en était-il du providentiel second album ? Le voilà enfin entre nos oreilles, avec son nom à nouveau très évocateur A Wave That Will Never Break.

On pourra difficilement percer plus à jour ce qui demeure toujours la mystique WU LYF, ses membres restant très discrets. Participant à leur renommée de groupe niche, cette semi-invisibilité, renforcée par le souhait du groupe de retirer des plateformes de streaming leur musique, continue de fasciner. C'est avec beaucoup d'attente mais aussi d'appréhension que nous abordons ce nouveau disque qui, disons-le tout de suite, n'a pas su raviver la flamme qui nous animait alors à l'écoute de Go Tell Fire To The Mountain il y a quinze ans.

Ce que nous retrouvons dans A Wave That Will Never Break, c’est la voix reconnaissable entre mille de Ellery James Roberts, rocailleuse comme nasillarde, un timbre et un personnage toujours très charismatique, et la prestation à laquelle nous avons assisté à Saint-Malo l'an passé n'a fait que le confirmer à la vue de cette éternelle attitude de poseur qu'a su parfaitement conserver l'anglais. De même, cette sonorité très théâtrale, entre guitares furieuses et envolées de claviers, de pianos, ces touches très jazzy ambiance films tristes et toujours ce chant à la limite du poussif, qui distillent une émotion palpable mais souvent trop pesante. Car un peu plus de légèreté aurait décemment rendu ce retour aux affaires plus festif, une attente de quinze ans devant se fêter dignement.

C'est donc un groupe très solennel qui revient en 2026, peut-être dû à leur cheminement personnel respectif. Avec seulement sept morceaux mais chacun d'une durée conséquente (entre cinq et dix minutes !), la joie des retrouvailles sombre rapidement dans une longue complainte triste sur la vie et le temps qui passe, ce qui n'étonne personne mais qui a tendance, lorsque décliné sur une musicalité assez ampoulée, à nous faire plutôt broyer du noir.
Cependant, c'est aussi cette sévérité qui nous a plu il y a toute ces années, ainsi nous ne pouvons pas négliger des morceaux où l'on retrouve cette grâce qui a fait le succès du premier album. Le titre d'entrée Love Your Fate, à la production bulldozer, est un hit en puissance avec une cadence très entraînante. Robe Of Glory renoue avec la patine indie qui était celle des groupes émergeants au début des années 2010, avec une intensité qui collait aux numéros un des hits du moment. Ce relent rageux nous redonnant foi, c'est malheureusement avec une suite de morceaux (trop) longs et (trop) maniérés que le disque continue dans sa trajectoire. Avec ses envolées de chorale de cathédrale, Fool nous emporte trop haut, trop rapidement. Tib St Tabernacle nous permet de renouer avec le chant très puissant d'Ellery, mais ici sa grandiloquence ne nous émeut que trop peu, et cela est vraiment dommage.

Le tracklisting a de façon très étonnante placé le morceau épique de dix minutes Wave en avant dernière place, ce qui risque sérieusement de noyer l'attention des auditeurs. Celui-ci, malgré une douceur bien agréable dans sa première moitié se transforme en mini opéra rock presque débridé, et on a vraiment du mal à comprendre ce qu’a voulu exprimer le groupe. Enfin le disque se clôture sur un morceau plus classique, entre piano et guitare, comme un apaisement des tensions, At The End Of The Day (It Is What It Is) ferme cette nouvelle parenthèse WU LYF dont on ignore encore s'il s'agit à nouveau d'une performance éphémère, ces derniers ayant tout de même bâti leur statut de groupe culte du fait de leur fugace présence parmi nous.

A défaut d'un retour gagnant, ayant à leur compte un seul album paru il y a quinze années maintenant, WU LYF se rappellent à notre bon souvenir et sauront avec A Wave That Will Never Break rassembler le noyau de fans fidèles qui continuaient d'espérer le retour providentiel de cette formation plus qu'atypique. Le coup de maître résidant plus dans l'annonce que dans le produit fini, espérons que ces retrouvailles, si elles se consolident dans le temps, les inspirent pour se tourner vers un répertoire plus humble à l'image des pérégrinations solo de Francis Lung.
tracklisting
    01. Love Your Fate
  • 02. Robe Of Glory
  • 03. Letting Go
  • 04. The Fool
  • 05. Tib St Tabernacle
  • 06. Wave
  • 07. At The End Of The Day (It Is What It Is)
titres conseillés
    Love Your Fate, Robe Of Glory
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