Chronique Album
Date de sortie : 17.04.2026
Label : Sick Records LTD
Publié par
Juliette Ritoux, le 18 avril 2026
Il y a des disques qui sonnent comme une première fois. Et d'autres qui sonnent comme dix ans de retard parfaitement assumé. Fast Money Music, le premier album éponyme du projet de Nick Hinman, est exactement entre les deux. Une nostalgie qui revient, mais au bon moment. Ou plutôt : qui parle du timing comme d'une obsession.
Parce que tout tourne autour de ça ici — le moment où ça aurait dû arriver, celui où ça arrive trop tard, et celui où, bizarrement, ça tombe juste.
Musicalement, ça navigue entre la fragilité lo-fi de The Cleaners From Venus, l'urgence presque bordélique de Guided By Voices et ce groove nerveux, un peu sec, hérité de ESG. Mais on ne reste jamais coincé dans les références.
Ce qui tient le disque, c'est l'écriture. Nick Hinman parle d'un "caroussel d'images" — et c'est exactement ça. Des scènes qui passent vite, des souvenirs qui ne sont jamais complètement expliqués. Un hybride à moitié autobiographique, à moitié fiction.
Il y a de tout dedans : des histoires d'amour qui ne tiennent pas, des moments de rejet, des questions d'identité un peu floues. Et surtout cette idée que la vie ne se synchronise jamais vraiment avec ce que tu avais prévu. Pas de grand concept, juste des fragments.
Musicalement, ça reste léger en surface — presque pop parfois — mais la tension monte au fil des morceaux. Ça se sent aussi dans les collaborations : des gens liés à The 1975, Klaxons, ou encore la production de Mikko Gordon (IDLES, The Smile). Résultat ? Le titre Loverboy a ce rythme des années 2000 lors de la vague de l'Indie sleaze, Nevermind est beaucoup plus psychédélique tandis que Los Angeles nous rappelle une version plus pop d'un morceau de The Horrors.
En résumé cet album n'est pas celui de la nostalgie mais de ce moment de rétrospective oú on fait le point sur ce que l'on a construit dans sa vie.
Fast Money Music, c'est un album qui n'essaie pas d'être passéiste mais plutôt qui rend hommage aux heures glorieuses du rock des années 2000.