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Joyeria

Decay Decay Decay

Joyeria - Decay Decay Decay
Chronique Album
Date de sortie : 31.07.2026
Label : Dead Cactus
4
Publié par Jérémi Desplas, le 27 juillet 2026
Quand un artiste a sorti un EP sur Speedy Wunderground, label de Dan Carey (producteur de Fontaines D.C., Squid et Black Country, New Road, entre autres), la suite mérite immédiatement écoute. Joyeria ne fait pas exception avec son premier disque, Decay Decay Decay. Derrière Joyeria se cache un artiste multi-supports (musicien et peintre) londonien d’origine polonaise, ayant annoncé que ce premier album ne sera pas disponible sur les plateformes de streaming (probablement le plus grand geste d’intégrité qui soit dans le monde musical actuel). Beaucoup de raisons pour se pencher sur ce premier album donc.

Avec son rythme lancinant et une ambiance lourde et sans trop d’effets, Duller Grey évoque Duster avec une patte toute britannique, qui réussit à transcender sa monotonie, notamment sur la fin. Après ce premier coup d’éclat, New Way s’avère plus déstabilisant car plus relâché, avec deux phases assez différentes. Joyeria raconte avec un certain détachement et un cynisme bien dosé les misères de la vie moderne ordinaire, même si ce morceau apparaît assez décalé par rapport au reste.


Le single The Curse reprend la main avec un condensé de l’album : une section rythmique discrète mais qui avec son motorik beat tient toute la chanson en place, permettant des montées en flèche sans forcer l’emphase. The Donkey est un morceau central de l’écoute, avec ses dix minutes dont l’essentiel est occupé par des expérimentations dissonantes à rapprocher de celles de Sonic Youth, sur ses travaux les plus avant-gardiste. Bien que ce soit un morceau audacieux, surtout en milieu de disque, il reste une réussite maîtrisée, qui parvient à ne pas tomber dans le piège de partir trop loin.

Si le début de Decay Decay Decay réussit à montrer l’étendue du style de Joyeria, la seconde moitié peut a priori paraître moins variée. Néanmoins, elle est probablement la plus touchante est intéressante du point de vue du songwriting, à rapprocher de Bill Callahan. Winner fait penser aux premiers albums de Current Joys et, comme la plupart des chansons ici, laisse suffisamment d’espace pour laisser entendre sa propre spécificité malgré l’apparente homogénéité de cette partie de l’album. La fin en apothéose permet à cette chanson de frayer une place parmi les plus réussies de Decay Decay Decay, tout comme la faussement tranquille Nothing’s Wrong.


Après cet enchaînement réussi, Damn! offre une respiration plus relâchée mais qui, comme New Way sur le début, casse quelque peu l’atmosphère construite précédemment. En revanche, les deux derniers morceaux sont bien réussis, notamment Recent Discovery, avec un côté savoureusement slacker rock. C’est sans doute le morceau évoquant le plus Pavement, la référence qui revient le plus souvent à propos de Joyeria. No fait revenir le synthétiseur qui était du meilleur effet sur Nothing’s Wrong pour conclure d’une manière mystérieuse et convaincante.

Decay Decay Decay est un album très réussi même si parfois légèrement déséquilibré. Malgré son côté lo-fi, de nombreuses références nous viennent à l’esprit et Joyeria réussit ici à construire un disque solide et varié, dont chaque écoute nous révèle de nouveaux secrets.
tracklisting
    01. Duller Grey
  • 02. New Way
  • 03. The Curse
  • 04. The Donkey
  • 05. Back In The U.K.K.K.
  • 06. Winner
  • 07. Nothing's Wrong
  • 08. Damn!
  • 09. Recent Discovery
  • 10. No
titres conseillés
    Winner, The Curse, Nothing’s Wrong
notes des lecteurs
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