Le duo gallois composé des frères Tom et Ed Russel est de retour trois ans après Good Lies avec Pure Devotion, second album qui devrait vous faire danser tout l’été. Overmono confirment leur identité résolument britannique avec leur mélange de UK Garage, breakbeat, jungle, techno et bass music, toujours enrichi d’ambient et d’IDM, et livrent leur disque le plus accessible, mais aussi le plus abouti à ce jour. Ils y poussent à son paroxysme leur marque de fabrique, Hard shell / Soft centre. Une formule qui résume parfaitement leur esthétique entre rythmiques très physiques, basses énormes, textures délicates, nappes lumineuses et voix pitchées.
Les deux frères se sont isolés en Espagne et en Islande accompagnés de synthétiseurs des années 70 et 80 et d'une impressionnante collection de matériel analogique afin d’essayer de capturer l’espace physique de leurs lieux d'enregistrement. Le groupe est fasciné par les imperfections, les glitchs et les accidents de studio. Ce qui permet au disque d’avoir un son rêche et organique qui tranche avec les mélodies et l’efficacité dancefloor de la plupart des titres. Si le disque reprend le nom de leur dernière tournée, Pure Devotion, ce n’est pas anodin. L’album s’est construit peu à peu au contact du public, prenant ainsi une forme plus directe et plus physique. En résulte un disque fédérateur, à la fois intense et aventureux tout en étant résolument dansant.
Construit autour d'un sample du groupe post-punk Fast Relief, Lockup mêle voix ultra-pitchée, grosse basse qu'on croirait tirée des premiers Daft Punk, nappes dignes de BICEP et quelques effets Big Beat. Overmono ouvrent l'album avec un message clair : Let's dance !
Si le groupe passe parfois en pilote automatique avec des titres aussi efficaces qu’attendus et déjà entendus (Even Angels Ghost, Gem Lingo ou After The Rain), il passe le plus clair de son temps à nous surprendre et nous enthousiasmer. Que ce soit avec le spoken word post-punk de John Joseph Holt sur Knight In Shining Prada, le breakbeat déstructuré de Slowmotion, qui revisite librement Slow Motion de Brodinski et Reddo ou le crescendo extatique de Laxbrook et son électronique sombre et robotique, on applaudit des deux mains, nos jambes étant trop occupées à nous faire sauter dans tous les sens. Même quand il baisse de rythme, l’album conserve son cap en intégrant des voix rnb pas trop sirupeuses (Barum et Mialon) ou des plages atmosphériques (Adre) apportant une respiration bienvenue.
En rapprochant encore un peu plus l'expérimentation électronique de la chanson sans sacrifier l'énergie du dancefloor, Overmono parviennent à parler aux passionnés comme au grand public sans diluer leur identité. Pure Devotion n'est peut-être pas leur projet le plus audacieux, tant certains morceaux privilégient l'impact immédiat à la prise de risque, mais c'est assurément celui qui donne le plus envie d'y revenir... et d'y danser.
tracklisting
01. Lockup
02. Knight In Shining Prada (feat. John Joseph Holt)