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Alex Amor

Heavenly Bodies

Alex Amor - Heavenly Bodies
Chronique Album
Date de sortie : 21.08.2026
Label : VERO Music
3
Publié par Quentin Perriault, le 18 août 2026
Après des débuts dans une indie pop bien faite mais très classique, le parcours artistique de l’écossaise Alex Amor trouve un nouveau point d’ancrage avec son premier album, à la patte plus affirmée : Heavenly Bodies.

Elle décrit elle-même sa musique actuelle de « Cosmic Americana », un terme évocateur et tout à fait juste, auquel vient s’ajouter une dose de nostalgie. As Above, So Below, le premier titre de l’album, commence par une descente de notes au bottleneck, un son américain par excellence, avant un semi arpège nageant dans la reverb et la voix vaporeuse de la chanteuse. Le programme se déroule comme attendu, avec une dream pop empruntée à Clairo, un tempo posé, une guitare acoustique dans le fond pour qu’un élément garde les pieds sur terre au milieu de ces réverbérations, des choeurs sur le refrain et quelques variations sur le pont. Aquamarine, le quatrième morceau, ouvre ses guitares et déploie un refrain entêtant hérité de son bagage indie, plus pop et très efficace.


Il faut attendre la cinquième piste de l’album, Avalanche, pour qu’on sorte de la mécanique qui commençait à se mettre en place. Les effets se font plus concrets, le tempo s’accélère légèrement, la guitare s’affirme au premier plan pour guider l’aventure. On se retrouve sur un terrain qu’a pu explorer Lana Del Rey sur Ultraviolence, avec l’aide de Dan Auerbach (The Black Keys). S’ensuivent trois chansons à la sensibilité très américaine, où il faut imaginer des versions dépouillées de The War On Drugs. Inside, titre rock de près de six minutes que l’on retrouvera plus tard dans l’album, pourrait être une chanson de la pop-star Olivia Rodrigo produite par le groupe.

Still Your Girl, balade pop à l’os, se termine sur une minute instrumentale planante, où le Cosmic Americana prend à nouveau tout son sens et Alex Amor de prouver son envie d’expérimenter, bien que timidement, avec les codes du genre dans lequel elle évolue. Cette envie se retrouve également sur la dernière piste de l’album, Only The Beginning. La chanson s’accompagne d’une riche instrumentation et d’un refrain aux intonations presque Thom York-ienne, puis se termine sur un arrangement original de flûtes (instrument que pratique la musicienne) et piano, d’une délicatesse très appréciable. Une belle conclusion, surtout que, juste avant, Roses venait de nous briser le coeur avec une incantation à la beauté éthérée.

Deux volontés semblent se fondre dans le même album, sans que cela n’en retire sa consistance ni sa cohérence. D’une part, les chansons indie pop dignes de popstars américaines (celles que l’on apprécie) ; de l’autre, les (pour l’instant) timides pas de côté, pourtant maitrisés, à la sensibilité plus britannique. Il en ressort un Heavenly Bodies tout à fait agréable, d’où certaines pistes sortent clairement du lot quand le classicisme des autres ne marquera pas l’histoire sans être déplaisant non plus. Finalement, reste surtout l’envie de savoir de quel côté va pencher l’artiste pour la suite, en espérant que les concerts qui l’attendent lui donnent une confiance renouvelée pour continuer ses explorations.
tracklisting
    01. AS ABOVE, SO BELOW
  • 02. SEEING ANGELS
  • 03. MEET ON THE MOON
  • 04. AQUAMARINE
  • 05. AVALANCHE
  • 06. THIS MUST BE THE END
  • 07. ICARUS
  • 08. STILL YOUR GIRL
  • 09. SWEET LOATHING
  • 10. INSIDE
  • 11. ROSES
  • 12. ONLY THE BEGINNING
titres conseillés
    Avalanche, Roses, Only The Beginning
notes des lecteurs
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