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Hollow Hand

Wish Road South

Hollow Hand - Wish Road South
Chronique Album
Date de sortie : 04.09.2026
Label : Loose Music
4
Publié par Yann Guillo, le 2 septembre 2026
Mais où sont passées les mélodies ? Autrefois toutes puissantes, elles semblent désormais souvent reléguées à un second rôle, confinées à des boucles de quelques notes efficaces et répétitives pensées pour servir d'hameçons à des titres dominés par le chant scandé ou le spoken word. Ceci explique peut-être pourquoi un groupe comme Hollow Hand affiche encore un nombre de fans aussi bas malgré un talent totalement hors-normes. Car chez Max Kinghorn-Mills, songwriter, guitariste et chanteur qui se cache derrière le groupe, tout est mélodie : chant, bien sûr, mais aussi guitares, lignes de basse, chœurs…

Hollow Hand que l'on retrouve plus en forme que jamais sur Wish Road South. Habitué à produire ses albums en autarcie, Max a choisi cette fois-ci de fonctionner comme un groupe après avoir tourné régulièrement ces dernières années. Aux côtés d'Oliver Newton, à la batterie, et de Leo Clarke, à la basse, il signe ainsi un album de grande classe, rempli de superbes chansons et regorgeant de détails soniques réjouissants.


Il faut dire qu'il ne se facilite pas la tâche en plaçant en entrée d'album (place ô combien importante à l'âge de la consommation algorithmique de musique) la très belle mais très british folk Flowers In The Garden, qui sonne comme vieux un chant irlandais traditionnel. La formidable Here Are The Tulips, entre The Cure et Elliott Smith, remet la balle au centre. On peut constater ce qui a changé dans le son du groupe sur ce quatrième album : une section plus percutante et un mix plus indie rock et moderne. La suite de l'album confirme en enchaînant les réussites et les titres upbeat. Kiss The Boot et ses chœurs féminins rappelle les débuts Linda et Paul McCartney avec les Wings avant que la très Lou Reed Love Again enfonce le clou.

"Went to my job, it's a waste of my time but I'm gonna go there anyway" commence Black Metal Corpse Paint, qu'on croirait sorti de la cave de Big Pink, la maison mythique de The Band. Tu m'étonnes. La délicate I Turned My Back On The World est quant à elle une réussite absolue, où la lumière perce malgré la mélancolie, qui rappelle les plus beaux moments de Jeff Tweedy. La fin de l'album montre les muscles. Le single Heavy Metal T-Shirt, petit hymne indie, ouvre la voie à la géniale Drinking With Judy, qui rappelle les riffs de Syd Barrett sur le premier Pink Floyd (dans un mix plus réussi que celui sorti précédemment en single). La sublime Green Meadows of England, qui sonne comme la meilleure chanson écrite par Ray Davies depuis 1972, clôt cette trilogie avec sa mélodie parfaite sur des arrangements pastoraux. A Gentle Place plie enfin définitivement le game avec ses cordes discrètes et élégantes.


Se foutant des diktats de l'époque, Wish Road South joue dans la cour des grands. Toujours aussi vintages, les compositions et arrangements de Max Kinghorn-Mills s'inspirent du meilleur des 60ies et 70ies mais sont propulsées sur cet album par une production moderne et de très bon goût. Comme le bon vin, les chansons se décantent et révèlent toutes leurs saveurs prodigieuses au fil des écoutes. Max Kinghorn-Mills s'y affirme définitivement comme un cas à part avec une voix singulière, pleine de fantaisie, de poésie et d'inventivité et comme un frère d'armes de Wilco, MJ Lenderman ou Midlake. Alors si Hollow Hand ne rencontre pas le succès qu'il mérite pourtant largement, putain que c'est bon.
tracklisting
    1. Flowers In The Garden
  • 2. Here Are The Tulips
  • 3. Kiss The Boot
  • 4. Love Again
  • 5. Black Metal Corpse Paint
  • 6. I Turned My Back On The World
  • 7. Heavy Metal T-Shirt
  • 8. Drinking With Judy
  • 9. Green Meadows Of England
  • 10. A Gentle Place
titres conseillés
    Green Meadows Of England, Here Are The Tulips, Drinking With Judy
notes des lecteurs
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