Chronique Album
Date de sortie : 02.10.2006
Label : Boobytrap Records
Publié par
Johan, le 1er octobre 2006
Après deux singles remarqués en l'espace de quelques mois cette année, The Boyfriends passent déjà au grand format avec ce premier album éponyme, prolongement pop de l'oeuvre intemporelle des Smiths.
Les brillantes faces A des singles sont ici présentes et éclipsent les autres titres de par leur efficacité évidente. La basse de Adult Acne saute au visage tandis que son refrain fulgurant s'échappe d'on-ne-sait-où pour mieux traverser les pores de la peau et imprégner le cerveau. La voix de crooner de Martin Wallace, digne successeur de Morrissey, s'empare du morceau, de même que pour le saisissant I Love You où elle se pose délicatement sur de rapides accords de guitare électrique, créant ainsi une ambiance à la fois rock et romantique, passionnée et tendre, enflammée et glaciale.
La plupart des plages de l'album sont structurées de la même manière et, bien que le quator maîtrise à la perfection chacun des instruments et chacune des secondes qui parsèment ce disque (la basse addictive de No Tomorrow suivie de ses merveilleuses guitares saturées, la rythmique entraînante de Brave Little Soldiers, la mélodie imparable de Once Upon A Time et son refrain Smithsien au possible), certains morceaux semblent tout de même en retrait par rapport à d'autres, tels Remember dont on attend sur le refrain un rauque et majestueux « i love you » tant les trois brefs accords de guitare qui le précèdent y ressemblent fortement, ou encore ces Speak Less And Listen et A Fearless Heart relativement peu inspirés. British Summer Time et Wonders Never Cease, quant à eux, parviennent à se frayer un chemin jusqu'à nos oreilles grâce à cette voix intense et parfois grandiose qui définit inévitablement le groupe, celle-là même qui pourtant rendra progressivement chaque écoute moins envoûtante que la précédente car, malgré sa montée en puissance et sa propension à surprendre l'auditeur à chaque refrain venu, sa capacité de renouvellement s'avère assez faible et l'intérêt qu'on lui portait alors durant les premières écoutes ne dure malheureusement pas.
The Boyfriends se conclut enfin par le psychédélisme baroque de There Is Always Hope qui lentement se mue en instrumentation tantôt enivrante tantôt épileptique, fortement influencé par Morrissey et ses Smiths. Peut-être un peu trop, pourrait-on justement leur reprocher ...