Neuf ans d’existence et une très belle affluence pour ce festival marseillais désormais bien installé. Avec 21000 personnes au total pour cette édition, dont 19000 seulement pour le week-end de concerts au J4, le reste s’étant réparti lors des soirées d’ouverture au Cabaret Aléatoire et à l’Abbaye St Victor, les organisateurs peuvent voir venir.
Le week end a commencé fort avec les australiens d’Architecture in Helsinki venus présenter un très bon nouvel album, mais ne parvenant à faire décoller la soirée que grâce aux « tubes » de leur précédent opus : Wishbone ou Do The Whirlwind. Une petite demi-heure à attendre pour ce qu’il convient d’appeler la tête d’affiche de cette première soirée : les « plein de classe » Divine Comedy. Le temps de redécouvrir le site, son bar (assez facile d’accès) et ses deux scènes disposées différemment des années précédentes, choix judicieux, et vite se replacer au cœur de la grande tente. Neil Hannon, ses lunettes de soleil et ses musiciens envahissent la scène pour livrer certainement LE concert du festival. Marseille attendait le retour de l’enfant prodige de la pop depuis des années et n’a pas été déçue. Les meilleures compositions du dernier album en date (Diva Lady, A lady Of A Certain Age) ont répondu aux inaltérables classiques (Generation Sex, Something For The Weekend...) avant un indescriptible et très à propos Tonight We Fly final. Magnifique.
Avec l’annulation de dernière minute de Chromeo, c’est à Nathan Fake que revenait la délicate mission de ne pas nous faire redescendre de notre nuage, et je me délectais d’avance de son électronica très aerienne et souvent très inspirée, en atteste le récent single You Are Here. Ma déception fut à peu près aussi grande que mes attentes. Lui qui déclarait vouloir rester loin des clubs et ne pas devenir un DJ a gratifié l’assistance d’un (mauvais) set plus house qu’autre chose, là où il aurait pu se différencier des autres artistes présent ce soir là. Dommage.
Ne restait plus qu’à se balader d’une scène à l’autre pour finir cette soirée. Les quelques impressions qui me restent sont tout d’abord la médiocrité des Dead 60’s qui ne feront jamais vraiment danser un public pourtant présent en masse, puis un excellent set de Modeselektor avant un départ sur un Thomas Schumacher bien trop monotone pour moi. Quelques regrets : avoir raté Gus Gus et Apparat.
Il aura fallu attendre le samedi soir pour voir les premières faiblesses de l’organisation du festival. Arrivé sur le site aux alentours de 21h30, c’est de la file d’attente que j’écouterai le concert de The Cinematic Orchestra. Trois personnes pour fouiller, c’est bien peu quand on accueille 11000 spectateurs… C’est d’autant plus rageant qu’en cette soirée placée sous le signe du hip-hop, les britanniques étaient de loin ma priorité. Etrange faune en ce samedi soir, dominée (et de loin) par les fans du Peuple de l’herbe et des Svinkels, à en juger par les coiffures et les pénibles chansons paillardes. La venue (ou non annulation) de Mos Def était pourtant l’événement de cette soirée, et le rappeur américain aura alterné le très bon et le un peu moins bon. Quand la machine se met en marche, il est difficile de contester l’efficacité de l’artiste, mais les trop nombreuses coupures et mises à contribution du public ne cesseront de faire retomber le rythme. M.O.P avaient la lourde tâche de remplacer Rakim et useront des mêmes ficelles que Mos Def, provoquant plus souvent l’agacement que l’hystérie collective.
Petite déception que cette deuxième soirée, où l’on pouvait souvent lire dans les yeux des festivaliers les séquelles des excès de la veille.