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White Lies

Paris, La Machine du Moulin Rouge - 3 février 2026

Live-report par Laetitia Mavrel

Il y a trois ans, White Lies avaient bien failli rater leur rendez-vous dans la capitale en raison de camions restés coincés à la douane. Mais c'était sans compter la réelle affection que porte le groupe à ses fans français, car nous le retrouvions au Trabendo à peine deux mois à la suite de son annulation. Un Trabendo qui lui-même l'avait accueillis trois ans auparavant en 2019, dans une salle déjà comble. White Lies est un de ces groupes au charme typiquement britannique et qui surfe sur un rock accessible, réunissant des ingrédients qui parlent tant aux curieux sans véritables préférences qu'aux érudits en matière de pop anglaise.

Ainsi, et comme cela est le cas avec d'autres de leurs confrères qui sur leurs terres remplissent des arénas de plusieurs milliers de spectateurs, le succès de White Lies en France demeure discret et, pourtant, les albums dont le récent Night Light paru en novembre dernier, crantent le groupe dans un répertoire solide et extrêmement harmonieux, qui ne peut que plaire.


Rendez-vous nous est donné dans l'annexe du Moulin Rouge, appelée La Machine, qui se prête d'ordinaire plus allègrement aux soirées clubbing. Avec sa scène extrêmement haute, ses coursives et son petit balcon parsemé de mini tables rondes, nous sommes loin de l'ambiance plus brut de décoffrage de nos salles de concerts habituelles. Cela ne semble en rien un obstacle pour les fans de White Lies, pour la majorité d'entre eux des fidèles de la première heure, nous en voulons pour preuve le défilé de tee-shirts collectors de chacun des albums et tournées précédentes dans la salle. Ce qui nous marque surtout, c'est le nombre important de spectateurs venus de loin : britanniques mais aussi allemands, espagnols... Le groupe rayonne véritablement au-delà de la Manche et l'opportunité de les écouter dans une salle aussi atypique en a certainement convaincus plus d'un de faire le chemin jusqu'à la capitale.

Venus défendre Night Light, nous retrouvons Harry McVeigh, Charles Cave et Jack Lawrence-Brown, toujours respectivement au chant et guitare, à la basse et à la batterie, accompagnés ce soir d'un claviériste. Le temps passe mais pas la composition de ce trio qui paraît indestructible depuis 2007. Une salle qui affiche complet, un public très motivé, on peut donc s'attendre à un nouveau concert parfaitement réussi de la part des Anglais. La setlist laisse une place conséquente à Night Light, titre de l'album qui trône sur la grosse caisse de la batterie. Et c'est dès l'ouverture du set que nous découvrons pour la première fois en live All The Best. Scéniquement, les musiciens sont clairement à leur meilleur niveau. Le concert est carré, le lightshow à la hauteur d'un spectacle en aréna, et le chant de Harry McVeigh semble se bonifier d'années en années. Sa tonalité grave et très chaude embellit des morceaux déjà quasi prêts pour les stades, et l'on discerne alors parmi les nouveaux titres les classiques en devenir, notamment Juice et Night Light. Leur patine très cold wave prend rapidement le dessus, et les nappes de synthétiseurs dominent rapidement malgré la guitare pourtant toujours affirmée de Harry.


Ici, le concert se veut fidèle au style qu'entretient le groupe au travers de ces derniers albums. Et c'est peut-être là la frontière à laquelle nous nous heurtons, de façon très personnelle. Malgré une salle qui danse et qui reprend en cœur les refrains des hits les plus populaires du groupe tel Farewell To The Fairground, To Lose My Life, Big TV ou Time To Give, nous réalisons que le chemin musical parcouru par White Lies les a menés dans une catégorie où il est difficile de retrouver dans leurs compositions un peu d'aspérité, quelques angles plus prononcés, et cette musique affinée à la perfection nous déclenche comme une sensation de flottement. Le positionnement plutôt statique du trio durant la grosse heure et demie de concert (à l'exception d'un Harry se rapprochant un peu timidement du bord de scène mais toujours avec un énorme sourire au visage) n'aide pas à extraire la substantifique moelle de cette pop rock aux saveurs des années 80, dont le groupe peine à s'extirper.

Ce que l'on ne peut nier, c'est l'extrême générosité des musiciens, dix-neuf morceaux sans un temps mort et énormément de remerciements de la part de Harry envers le public français dont il sait pertinemment qu'il se fait plus mince que par chez lui, d'où une réelle reconnaissance envers tous les spectateurs. C'est donc une belle soirée que nous avons passé en compagnie de White Lies, qui assurent comme à leur habitude un set solide, riche et surtout dédié à ce noyau de fans qui répond systématiquement présent depuis leurs débuts.
setlist
    All The Best
    Farewell To The Fairground
    There Goes Our Love Again
    Hurt My Heart
    My Lover
    Don't Want To Feel It All
    Is My Love Enough
    Keep Up
    Tokyo
    Time To Give
    Juice
    The Price Of Love
    I Don't Want To Go To Mars
    Big TV
    To Lose My Life
    Bigger Than Us
    ---
    Night Light
    Death
    In The Middle
photos du concert
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