Continuons notre série de concerts « retrouvailles » avec ce dimanche le retour de The Kooks au Zénith de Paris. The Kooks, toujours menés par le rayonnant Luke Pritchard, est un groupe fidèle à la capitale parisienne et que nous avons la chance de retrouver à chaque sortie d'album. Une formation toute aussi fidèle que ses fans, et un rendez-vous devenu presque une réunion de famille tant les ambiances sont véritablement chaleureuses.

Après un Olympia sold out il y a exactement trois ans (à quelques jours près), c'est un Zénith de Paris lui aussi complet qui accueille les anglais. Certes, les rideaux sont tirés sur la partie haute des gradins, mais la fosse n'a pas été modulée, ce qui permet de concentrer toutes les forces vives au pied de la scène. Avant de vous narrer les choix vestimentaires de Luke (sans l'accent de Cristina Cordula), nous faisons la connaissance en première partie de
Girl In The Year Above. Il s'agit d'un quintet aux influences celtiques, entre Cornouailles et Irlande, mené par la jeune Jennifer Ball, chanteuse toute en tatouages et à la coiffure nous évoquant une Amélie Poulain des temps modernes, qui nous propose un mélange savant d'indie folk et de pop rock.
Avec cinq musiciens sur scène, Jennifer se consacre totalement au chant, son timbre puissant nous évoquant à de nombreuses reprises celui de Gwenno. Le jeune groupe s'émeut de la masse de spectateurs plantée devant ses yeux, une grande première même si leur concert débute devant une moitié de fosse. La sauce prend cependant très bien car l'énergie que dégage la chanteuse est réellement communicative. C'est un groupe à ses tous débuts que nous avons la chance d'observer, ce dernier nous expliquant qu'aucun de ses singles n'est actuellement disponibles sur les plateformes de streaming, nous nous fions donc à notre ressenti durant cette petite demi-heure de concert, qui nous convainc alors de suivre avec attention leur futur sur disque.

Au moment de l'entracte, le Zénith ainsi configuré s'est totalement rempli, et devant un rideau en fond de scène représentant la rose du dernier album
Nerver/Know, le public se masse en nombre. Comme toujours avec
The Kooks, on distingue une majorité de fans des premières heures tant le groupe s'est surtout distingué lors de la sortie de son tout premier album
Inside In/Inside Out en 2006. Vingt années de The Kooks, sous le leadership de Luke Pritchard, qui porte à lui seul tout l'imaginaire de cette formation. Au même titre que leur dernier Olympia, on retrouve néanmoins une bonne part de fans plus jeunes, de ceux qui ont grandi dans les années 2000 et ont donc été bercés par les disques de leurs ainés. La pop rock toujours très lumineuse du groupe n'a certes que peu évolué depuis toutes ces années mais elle a l'avantage d'être toujours aussi populaire et universelle.
Et pourtant, Luke Pritchard va tout de même réussir à nous surprendre. Non pas s'agissant du répertoire déroulé, mais bien du point de vue scénique. Nous découvrons un Luke transformé : terminé le look d'éternel étudiant en lettres, ce soir c'est Luke en mode fièvre du samedi soir que nous retrouvons. Une fièvre brûlante car ce dernier n'hésite pas à sortir le cuir et les strass pour nous en mettre plein les yeux. Chemise ouverte, breloque clinquante, pantalon slim en cuir : la mue est conséquente, le jeu de scène très explicite. Déboulant sur scène en roulant littéralement des mécaniques, sourire ravageur, regard langoureux et déhanchements lascifs, Luke Pritchard opte pour la carte du séducteur, quitte à en faire un peu plus que nécessaire. Passé le choc visuel, on ne tarde pas à rentrer dans le vif du sujet avec un début de concert sur les chapeaux de roues :
Sofa Song,
Always Where I Need To Be,
Stormy Weather,
She Moves In Her Own Way,
Bad Habit... Les classiques s'enchainent dès le début afin de ne laisser aucun temps mort. C'est aussi l'occasion pour Luke d'en profiter pleinement avec le parterre de photographes durant les trois premiers titres.

Pour ce qui est de l'ambiance dans la salle, elle est à la hauteur du charisme déployé sur scène. Le public répond plus que présent et malgré un zénith diminué, les gradins comme la fosse sont à l'unisson. On apprécie cependant plus particulièrement les moments où Luke Pritchard s'arme de sa guitare acoustique avec des titres à la mise en scène un peu moins tape à l'œil, car c'est dans ces moments-là que l'on renoue avec la fraicheur des premiers disques. C'est aussi l'occasion d'entendre un morceau peu joué depuis quelques années et qui voit le frontman se mettre au clavier :
See Me Now, chanson écrite en mémoire de son père qu'il a perdu à l'âge de trois ans. L'émotion gagne la scène et le public alors que les smartphones en mode lampe de poche illuminent tout le Zénith.
La setlist du concert ne laisse que peu de place au dernier album, ce qui est toujours regrettable car l'occasion n'est pas saisie pour donner leur chance aux nouvelles compositions. Place est faite aux titres issus des deux premiers disques, époque qui correspond aussi au pic de popularité de The Kooks. C'est donc un très honnête fan service qui est proposé, et le public semble ne jamais se lasser de ce défilé de tubes, dont la concentration se fait surtout en fin de set, quand s'enchaîne la combinaison gagnante
Do You Wanna,
You Don't Love Me,
Ooh La et
Naive. C'est donc sous un Zénith qui chavire que le concert se termine, avec Luke Pritchard promettant déjà de revenir aussi rapidement que possible dans la capitale.
C'est à nouveau une soirée parfaitement réussie à laquelle nous avons assisté : Luke Pritchard assure comme à son habitude le contrat de confiance qu'il a signé avec ses fans, et ce soir, il a su y insuffler une bonne dose de glamour que nous ne lui connaissions pas.