Très belle affiche en ce dimanche soir au Nouveau Casino avec les Américains de Spotlights et l'anglaise A.A. Williams.

Si
Spotlights ne sont pas encore très connus dans nos contrées, le groupe a acquis une belle renommée aux Etats-Unis en ayant tourné avec des légendes comme Quicksand ou les Melvins. Le combo risque en tout cas d'élargir sa fan-base européenne car il assure toutes les premières parties de cette tournée de A.A. Williams. On a souvent qualifié le groupe de doomgaze de par la lourdeur de la section rythmique associée à des envolées shoegaze mais en le voyant en live on peut dire que l'élément shoegaze est plus développé que celui doomgaze. On n'ira pas jusqu'à dire que Spotlights sonnent comme Lush mais c'est quand même davantage vers ce style qu'il faut lorgner pour comprendre l'essence de leur musique. Celle-ci est atmosphérique, très prenante et fort intéressante. Le trio joue intelligemment sur les contrastes entre des embardées presque pop et des moments bien plus durs. Les musiciens qui composent le groupe sont tous excellents et on est tout autant impressionné par le jeu de guitare de Mario Quintero que par la basse de Sarah Quintero ou par la frappe chirurgicale de leur formidable batteur, Chris Enriquez. Le groupe devrait tourner de nouveau l'an prochain en Europe. On les attend de pied ferme.

Le dernier album de
A.A. Williams,
As The Moon Rests, remonte à l'automne 2022. Il est devenu rare qu'un artiste parte en tournée sans nouvel album sous le coude à promouvoir. C'est pourtant ce que fait l'anglaise sur cette tournée et c'est un pari gagnant car la salle est pleine. La musicienne débute son concert avec
Golden, une merveille de son dernier disque. Ses parties de guitare sont splendides et on est de suite dans le mood d'un climat atmosphérique mais ponctué de guitares rageuses et cinglantes.
Just A Shadow, récent single, poursuit dans cette même veine. En écoutant ce morceau et la dimension qu'il prend live, on se dit que l'album à venir va être une merveille.
Love And Pain et l'autre nouveau single,
Wolves, poursuivent sur ce même niveau d'excellence. On est à la fois captivé par le magnifique jeu de guitare de l'anglaise, par son chant audacieux et par son charisme incroyable. Ses musiciens sont tout aussi parfaits avec notamment des parties de clavier bluffantes. A.A. Williams nous dit combien elle est heureuse de jouer à Paris, ville qui représente toujours pour elle un moment particulier.
Glimmer, du premier album, explore les côtés les plus mystérieux de la chanteuse avec une atmosphère qui pourrait faire penser qu'A.A. Williams est la Nico du 21ème siècle.
Dirt autre titre du premier album est dans le même lignée, sombre et romantique à souhait. On a ensuite droit à de superbes versions de
As The Moon Rests,
For Nothing et à, merveille parmi les merveilles, un
Melt sur lequel les guitares atteignent la perfection et où l'émotion est à fleur de peau.
Le concert se termine par le très gothique
Evaporate sur lequel l'équilibre guitare-chant-claviers est tout simplement parfait. Un moment unique, qui nous amène au paradis. Un concert de toute beauté de la part d'une artiste qui ne déçoit jamais.