logo SOV

The Boo Radleys

Lorient, Hydrophone - 11 février 2026

Live-report par Fabrice Droual

Dépêche toi ! Il ne s'agit pas d'être à la bourre Radleys ce soir ! Quoi, ça ne se fait pas de commencer un article par un calembour datant d'une autre époque ? Moi, je dis que c'est possible, si tu t'apprêtes à parler d'un groupe, lui aussi d'une autre époque.

En effet, plus de trente ans nous séparent, en ce mercredi 11 Février 2026, du samedi 9 mai 1992, la première et unique fois où je vis The Boo Radleys sur scène, en très bonne compagnie puisque accompagnés des Little Rabbits, That Petrol emotion et les fabuleux Pale Saints du côté de l'INSA de Rennes et son festival pétaradant Rock and Solex. Autant vous dire que ma mémoire capricieuse ne renferme pas de souvenirs impérissables, mais une impression de bruits forts, attribués par erreur à nos visiteurs de ce soir. Excusez moi !


Histoire de se remettre en oreille le groupe, la pré-écoute de Everything's Alright Forever confirme le fait que les anglais de Liverpool n'ont pas seulement battu Saint Etienne en 1977 à Anfield, mais ont également contribué à l'essor des guitares saturées, textures aériennes et voix souvent en retrait, caractéristiques de la musique Shoegaze des années 90 chère à mon cœur. C'est sous une lumière bleue tamisée que le groupe, composé des membres originaux Sice alias Simon Rowbottom au chant et à la guitare, Tim Brown à la basse et Rob Cieka à la batterie, rejoint par deux musiciens supplémentaires, Louis Smith à la guitare et Nick Etwell à la trompette, entre sur scène.

Les guitares claquent tout de suite sur C'Mon Kids et vont osciller, à rebours, entre nouveaux morceaux britpop et shoegaze. Un véritable Juke Box, avec aux manettes le très souriant Sice, qui en plus de remettre dix-neuf fois une pièce dans la machine, porte un très beau costume. Seule faute de goût (si je peux me permettre), ses chaussures ressemblant plus à des Crocs qu'à des Clarks, qui font tristes mines par rapport aux Dr. Martens de Tim ou les baskets jaune orange de Louis. Qu'importe ! les notes de musique volent suffisamment haut pour ne pas rester scruter ce ras de sol. Le toit de la grande salle de l'Hydrophone brille de tous ces spots, gravant Boo Radleys en lettres de noblesse, dans un ciel lumineux pour les quelques 300 spectateurs, fans de première heure, venus applaudir leur groupe favori.


La combinaison mélodie pop et mur du son donne cette identité sonore unique, véritable signature du groupe. Au firmament des soirées C'est Lenoir, je me demande ce soir si The Boo Radleys sont la tête ou la queue de la comète musicale des années 90. Le timbre de voix de Sice est d'abord sous influence d'un groupe comme Supertramp, sur le morceau Seeker, le groove ska s'entend sur Upon 9th And Fairchild, et le mélange subtil de pop, guitare et trompette me rappelle régulièrement l'enthousiasme du chanteur de James, Tim Booth. Sice ne danse tout même pas comme lui, moi non plus d'ailleurs, mais ma jambe droite trouve finalement sa folie sur les titres connus Lazy Day et Skyscrapper, joyaux du shoegaze.

La Britpop prend son envol sur What's In The Box? (See Whatcha Got), fille cachée d'un Freddie Mercury et future mère d'un Gallagher. Puis la voix clonée de Black Francis se fait entendre sur I Hang Suspended, avant de cotoyer celle de Billy Corgan des Smashing Pumpkins sur The Finest Kiss, avec des riffs à la Hooky. Nous terminons, avec Lazarus à l'introduction très Clash et à la trompette triomphante, cette soirée très plaisante où les fantômes des années 80s ont côtoyé ceux des 90s voir des 2000.

Rien ne se perd, tout se récupère, et le futur album In Spite Of Everything de The Boo Radleys brillera certainement une nouvelle fois cette année.