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Blossoms
Arkayla

Paris, Elysée Montmartre - 14 février 2026

Live-report par Laetitia Mavrel

Vous subissez de plein fouet le spleen hivernal ? Ce mois de février humide vous mine profondément ? Si vous ne vous sentez pas la patience d'attendre le mois d'avril et ces premières percées de ciel bleu, la solution tient en un mot : Blossoms. Il s'agit ici de retrouver sur scène le groupe le plus lumineux qui soit parmi la scène mancunienne et proche banlieue. Originaires de Stockport, Blossoms nous livrent depuis dix ans maintenant une disco pop ayant fière allure, tout en ayant évolué de petit groupe indé à machine à faire vibrer les dancefloors d'ici et d'ailleurs.

Le quintet toujours formé de Tom Ogden, Charlie Salt, Josh Dewhurst, Joe Donovan et Myles Kellock, est devenu en une décennie une valeur sûre de la pop anglaise, de celle qui n'a d'autre but que de faire sourire et danser tout le monde, sans aucune limite d'âge. C'est surtout un groupe qui de nos jours détient cette fabuleuse qualité de réunir parmi ses fans absolument tout type d'être humain. Un melting pot de genres, de styles, et ce soir de nationalités, bien que le public de l'Elysée Montmartre affiche un taux de fréquentation anglaise supérieur à la française.

Nous les retrouvons à l'Elysée Montmartre qui, en ce samedi soir, affiche complet. Comme dit précédemment, c'est une impression de voyage outre-manche qui se dégage de la salle. Difficile de ne pas tomber sur d'énormes blocs de joyeux anglais en goguette, qui ont tous fait le déplacement pour profiter de leur groupe préféré dans une « petite » salle, en plus de pouvoir faire le plein de macarons. Comme pour beaucoup d'autres groupes anglais, les audiences françaises étant plus maigres, l'opportunité de se retrouver dans des conditions plus intimes est saisie à la volée par les fans britanniques. Ambiance qui colle donc parfaitement avec le capital sympathie de Blossoms.


Mais avant cela, nous découvrons sur scène un jeune groupe lui aussi de Manchester, Arkayla. Inconnus dans nos colonnes, nous faisons donc confiance à Blossoms qui sont toujours les premiers à partager la scène avec leurs compatriotes. Nous apprenons via les joyeux fans des premiers rangs qu'Arkayla est une formation en activité depuis maintenant 2020 et qui compile à ce jours deux EPs, dont le dernier DON'T LOOK FOR ANSWERS publié en octobre dernier. Nous prenons alors le train en marche en écoutant cette pop très empreinte du meilleur des années 60, avec des envolées de guitares aussi élégantes que dynamiques, des mélodies ultra accrocheuses et quatre garçons qui en rappellent quatre autres, eux même dans le vent.
Leur chanteur guitariste Cal Blakebrough a ce petit côté très mancunien, tant dans la tenue que le regard bleu pénétrant, qui rappelle à certains égards quel qu'autre leader un peu statique et sourcils épais qui en un simple regard vous mate la foule en moins de deux. Un style qui sait se perpétrer de génération en génération, et un groupe qui réussit à mettre immédiatement le feu dans la salle, dominée par des Anglais qui ont bien révisé leurs fiches avant de venir, nombre d'entre eux reprenant en chœur certains des refrains. Une bien agréable surprise et un groupe à suivre dans nos colonnes, le Manchester Style n'en finissant pas de fournir des talents de qualité.


Vingt-cinq minutes plus tard, c'est enfin l'entrée sur scène de Blossoms. Voilà un groupe qui a su s'affirmer d'année en année. Notre dernière rencontre remonte au mois d'avril 2025, quand les Anglais ont assuré la première partie d'Inhaler au Zénith de Paris. Un concert réussi malgré le rôle délicat de support band, mais à ce moment-là, nombre de fans des Irlandais cochant les cases du profil des fans de Blossoms, soit une grande majorité plutôt jeune et féminine, l'accueil réservé à Tom Ogden et ses comparses était à la hauteur d'un concert en tête d'affiche. Nous sommes donc ravis de retrouver Blossoms lors d'une soirée qui leur est entièrement dédiée, et c'est dès le premier morceaux Gary, single le plus réussi du dernier album, que la température monte. Cette dernière ne descendra pas d'un seul degré de toute la soirée, et Tom Ogden saura parfaitement en jouer. Ce dernier devient show après show une véritable icône de mode, et ne voyez rien de péjoratif dans ses propos. Jouant sur son androgynéité, Tom embrasse un personnage qui se débarrasse des carcans lourdauds et surtout archaïques de nos sociétés patriarcales, comme un peu avant lui David Bowie ou David Johansen, et plus récemment des pop stars tel Yungblud. Le chant, la silhouette svelte et les poses exagérées font partie du jeu, avec Tom qui dégage une véritable générosité, évitant de le faire tomber dans l'écueil de la diva prétentieuse.

Malgré qu'il soit mis en avant, cela n'empêche pas les fans d'apprécier la présence scénique de Joe Donovan à la batterie, qui a pris quelques centimètres de tour de bras pour matraquer son kit, et l'excellent Charlie Salt, bassiste au jeu funky qui apporte tout le sel nécessaire aux morceaux les plus disco compatibles du groupe. Blossoms sont à nouveau ce soir accompagnés d'un percussionniste et d'un guitariste additionnel, donnant beaucoup plus de matière à leur répertoire. Comme nous l'avions regretté lors de la parution de Gary, Blossoms, malgré leur exceptionnel talent pour pondre des véritables petites fusée pop qui caracolent en tête des charts britanniques, peinent encore à maintenir le niveau sur l'intégralité d'un disque. Dès lors, leurs concerts sont immanquables car c'est bien en live que les Anglais expriment tout leur potentiel.


En tête de gondole dans la setlist, nous retrouvons Gary, suivi du debut album Blossoms, devenu un classique depuis. Une setlist plutôt équilibrée, entre morceaux de pop anglaise classique et singles disco, avec le point d'orgue depuis l'an passé : un Nightclub avec les sept musiciens qui se présentent en bord de scène, armés pour deux d'entre eux de tambours réhaussés de guirlandes lumineuses, avec en néons le mot « Night Club » derrière. Des moments plus sages mais non dénués d'émotion parsèment le concert, notamment lors de Love Talk et My Favourite Room, interprétées avec les cinq membres d'origine de Blossoms à cappella et une simple guitare acoustique, face à des fans pour beaucoup les larmes aux yeux.

Point de temps mort durant le concert car il émane de la pop ensoleillée de Blossoms, portée par le charisme de Tom Ogden, un sentiment de bien-être immédiat, dont il est difficile de ne pas se saisir. Le final du concert voit donc l'enchainement de There's A Reason Why (I Never Returned Your Calls) et du tubesque Charlemagne, qui s'éternisera sur au moins dix minutes, le temps de présenter les musiciens et de faire durer le plaisir avec de nombreux échanges en direction des fans anglais, que Tom et ses comparses semblent reconnaitre.

Un concert de Blossoms est un remèdes anti-cafard infaillible, et cette nouvelle soirée parisienne, la dernière de leur tournée européenne, est à nouveau une totale réussite. On en ressort avec le sourire, et avec nous concernant de nouveaux amis, mancuniens venus profiter de leur groupe fétiche dans le fabuleux cadre de l'Elysée Montmartre qui nous invitent alors à partager quelques verres pour bien finir la soirée. Cheers !
setlist
    Arkayla
    Falling Down
    Long Way Back
    My Number
    Lost In A Valentine
    Fortune Teller
    Doctor
    Run Kid
    Waste Of Time

    Blossoms
    Gary
    At Most A Kiss
    Getaway
    Big Star
    Oh No (I Think I'm In Love)
    What Can I Say After I'm Sorry?
    Care For
    Honey Sweet
    The Honeymoon
    Nightclub
    Perfect Me
    The Keeper
    I Can't Stand It
    If You Think This Is Real Life
    Mothers
    I Like Your Look
    Your Girlfriend
    Love Talk
    My Favourite Room
    There's A Reason Why (I Never Returned Your Calls)
    Charlemagne
photos du concert
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