Tremble petite péniche, tremble ! Tremble et roule sur la houle, bousculée par la foule venue ce soir voir SHELF LIVES. Le Petit Bain en état de siège sous les assauts de féministes hystériques, le pire cauchemar de tonton Éric, alias Benito. Un cauchemar qui débute directement avec
Periods et son hyperpop hyper engagée, dans la droite lignée de Camion Bip Bip, Hypermoule, Sexy Sushi et cie.
Scott Pilgrim contre le monde, Dana Colin contre les machos, les agresseurs et les moniteurs d'auto-école. Des grosses chansons boom boom pour se lâcher, des titres sensibles et touchant évoquant le récent décès de sa maman, il y a beaucoup de bon dans
Periods, et même si le style peut être assez particulier et ne pas parler à tout le monde, le public fait bloc avec elle et nous emmène jusqu'à ce groupe qui nous a fait courir depuis le bureau de vote pour ne pas être à la bourre : SHELF LIVES.

Sabrina Di Giulio et Jonny Hillyard en formation rapprochée à l'ancienne pour tourner en Europe : on nous avait vendu une batterie mais les droits de douane tu connais, et puis faut payer le batteur, c'est pas gratuit tout ça ! Ce sera donc les backing tracks pour le boom boom mais pas d'inquiétude, le groupe maîtrise à merveille cette configuration et la présence scénique du duo ne donnera jamais le sentiment qu'il y a un manque à l'arrière.
Venu pour promouvoir son premier album
hypernormaL sorti il y a trois semaines, le groupe enchaîne de suite
baby sonG,
60K et
don't laugH, le public saute, la péniche tangue, Sabrina s'avance et hurle sur la foule, si certains avaient des doutes le ton est donné. Les filles et les femmes sont priées de se ramener devant, « girls to the front » comme on dit pour
Skirts & Salads et le premier gros pogo de la soirée. Quelques oldies dont la toute première chanson du groupe,
Shelf Life, Jonny joue de la guitare, crie, bricole sa table de mix, homme à tout faire capable qui prépare le terrain pour que sa chanteuse se concentre sur ce qu'elle fait le mieux : mettre l'ambiance.
Une énergie énorme, comme dirait ma mère « une vraie pile électrique », Sabrina n'arrêtera pas une seconde sauf pour prendre la basse et faire des majeurs au public sur tone deF, avant de relancer l'hyperpunK sur
2 phoneS et
Where Did I Go?. La fosse est folle furieuse, tout le monde tape dans les mains, tout le monde hurle, comme d'habitude certains pensent que sauter depuis la scène au milieu du pogo c'est rigolo, ça crie ACAB (ndlr : All Cops Are Bastards), ça crie antifascisti, un bon concert de punk comme on les aime.

Rapide et efficace, quarante-cinq minutes passées voici déjà le dernier titre, Sabrina descend dans la fosse pour hurler
Fighting That Bitch. La canadienne de naissance prend les spectateurs à partie, attrape une demoiselle contre elle, relance le pogo, et voici la péniche qui tank les derniers coups de la soirée, solide bâtiment de marine et dernier rempart contre un petit bain dans la Seine.
Ce soir SHELF LIVES n'auront pas triché, ils auront laissé leurs tripes dans la houle et ne nous auront pas menés en bâteau, malgré cette petite cinquantaine de minutes que l'on aurait aimée plus longue. Sabrina, Jonny, revenez-vite, on n'en a pas eu assez. Sabrina, Jonny, on n'en aura jamais assez !