logo SOV

Laurie Wright

Montreuil, Le Chinois - 24 mars 2026

Live-report par Le Mad

Pour les non-initiés, le Chinois, c'est à Montreuil City, à côté du marché de la Croix d'Chavaux. Un ancien restaurant asiatique, transformé en salle de concert roots et repris récemment par l'équipe de programmateurs de feu L'International, une autre illustre salle indie francilienne.

Trêve de mondanités parisiennes, le Chinois, donc, avec une première partie, Sacha Gordon & The Weird Orchestra. Les régionaux de l'étape, même s'ils viennent de l'autre côté du périphérique. Du psyché mâtiné de folk et du monde sur la petite scène du Chichi. La bande à Sacha et Jules. Doté d'une voix éraillé à souhait et d'un phrasé rappelant le père Cohen, le premier se la joue volontiers crooneur pas crâneur, tandis que le second fait des merveilles à l'accordéon et au clavier. Tous deux trouvent leur contrepoint idéal avec le couple chanteuse violoniste et un duo basse batterie solide sur ses appuis. Le camarade qui m'accompagne leur trouve à juste titre comme un air de Timber Timbre, mais côté reprise, Sacha et son gang choisissent de nous balancer ce soir Since I Was Six du Brian Jonestown Massacre.


Venons-en au plat de résistance. Première date d'une tournée printanière pour Laurie the lad, qui s'est conclue en fin de semaine à Saint-Etienne, et qui se poursuivra en avril à Lille pour une première partie des Wampas. De ce côté-ci de la Manche, Laurie Wright est un illustre inconnu. Si d'aventure, les programmateurs de salles ou de festivals acceptent de miser sur une musique authentiquement live au lieu d'écouler les habituels produits de saison, ça ne va pas durer. Chez lui, il a été adoubé par la crème de la pop anglaise, de l'ancien Rod Stewart en passant par Carl Barât, jusqu'à Pete Doherty, auquel on le compare un peu trop facilement (le natif des South West Midlands, londonien pur jus depuis, est déjà unique en son genre). Et quand on avise la table du merchandising à l'entrée et ses trois LP, on comprend vite que le sémillant jeune homme est déjà de fait un vieux routard.

Laurie Wright grimpe sur scène vêtu d'un costard cravate pied-de-poule du bel effet. La casquette qu'il arbore signifie-t-elle que son élégance anglaise est celle du peuple, et non de la bourgeoisie anglaise ? Sa gouaille et son accent cockney pur jus pourraient être un début de réponse. Au passage, l'anglais de sixième de l'auteur de ces lignes ne lui a permis de comprendre qu'un mot sur douze. Tout juste a-t-il pu comprendre que l'élégant harmoniciste qu'il accompagne, et qui conservera pull, veste et lunettes noires, est son « best mate ». À sa décharge, Laurie Wright a un débit de mitraillette qu'il parle ou qu'il chante. On peut lui proposer un surnom : Machine Gun Laurie !


Durant un set qui durera presque deux heures, il ne fera de pause que pour s'accorder, et encore, cela ne l'empêche pas de tchatcher ! Rien d'exceptionnel ? Ils sont rarissimes ceux qui pourraient prétendre maintenir ce rythme infernal, tout en étant carré de chez carré, au millimètre près, et assurer le show comme il le fait. Cabotin en diable, il mouline du bras sur sa guitare avec une précision d'horloge, prend la pose en virtuose de la scène et dégage un charisme qui emporte tout le monde au passage. Lui et ses trois complices (mention spéciale au bassiste groovy à souhait) nous gratifieront d'une salve de rock façon Sixties à la fin du show, qu'ils feront durer jusqu'à plus soif.

Je vous lève mon verre de Guiness, Mister Laurie, vraiment. Qu'il est bon de voir jouer cette « old music » avec la fougue de la jeunesse. Cela prouve qu'elle est définitivement intemporelle !
setlist
    Non disponible
photos du concert