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Tom Smith

Paris, Alhambra - 10 avril 2026

Live-report par Emmanuel Stranadica

Alors qu'Editors sont en train de peaufiner leur huitième album, Tom Smith s'est lancé dans une tournée solo pour venir défendre son disque solo, There Is Nothing In The Dark That Isn't There In The Light. Publié en décembre dernier, cet album fut la très belle surprise de la fin d'année dernière. Ses compositions, mélancoliques et intimistes, montrent à quel point l'Anglais est un songwriter talentueux.


Il ne fallait pas arriver en retard à l'Alhambra en ce vendredi soir. Le billet du concert annonçait 20h, sans autre information, et pourtant, dès 19h30, Iskander Moon est déjà sur scène pour ouvrir la soirée. Le jeune Belge compte deux albums à son actif, dont le tout récent Salt Moon City. Entre guitare folk et compositions élégantes au piano, l'artiste séduit la salle par sa bonne humeur. Il se montre tout surpris de la présence de plusieurs Belges dans le public, et plus encore lorsqu'il apprend que certains l'ont déjà vu sur scène. Ravi d'être là, d'autant que son concert prévu en mars au Supersonic Records avait été annulé faute de ventes suffisantes, il livre pendant trente minutes ballades et mélodies romantiques qui trouvent idéalement leur place en ouverture de soirée.

L'Alhambra affiche évidemment complet pour le retour du leader d'Editors. Et même si la configuration du soir est entièrement assise, on sent l'excitation de retrouver Tom Smith sur scène. Vingt minutes de patience pour le changement de plateau, le temps d'entendre un peu de Bon Iver, et voilà que le duo tant attendu fait son entrée. Souriant, détendu, le chanteur-guitariste s'installe sur son siège et lance un « Bonsoir, thank you for coming » à l'audience. Accompagné de Nick Willes, il entame le set avec Deep Dive, morceau qui ouvre son album. Le son est superbe : instruments et voix résonnent magnifiquement dans la salle. La version est allongée, comme si les deux musiciens prenaient leur temps.


Le début de concert est une vraie réussite. Le duo enchaîne avec les deux titres suivants du disque. Le final piano-guitare de Endings Are Breaking My Heart est splendide. Pour cette tournée, Tom a choisi d'alterner ses compositions solo avec des morceaux d'Editors réarrangés. All The Kings marque la première incursion dans le répertoire du groupe, avec une adaptation au format duo remarquable. Tom chante souvent les yeux fermés, totalement immergé dans ses chansons. Il faut également souligner le talent de Nick, qui distille, lorsqu'il quitte le clavier, des lignes de guitare d'une grande beauté, venant sublimer les morceaux.

The Weight, extrait de l'album The Weight Of Your Love, se révèle enchanteresse. Life Is For Living fonctionne parfaitement sur scène. La mélancolie est de mise, comme le souligne Tom Smith : « Merci d'être venus nous écouter jouer des chansons tristes un vendredi soir », ce qui amuse l'audience. Le public reste calme, attentif, parfaitement en phase avec ce concert si particulier. The Weight Of Your Love est mis à l'honneur à plusieurs reprises, mais Violence n'est pas oublié avec No Sound But The Wind. Une version dépouillée et magnifiée de Souls est également interprétée. Entre le piano et l'harmonica de Nick et la guitare-voix de Tom, la complicité est parfaite. On apprécie particulièrement Northern Soul, seul moment où le chanteur délaisse sa guitare pour se laisser porter par le piano de son acolyte.


An End Has A Start, puis Blood, littéralement transformée par rapport à sa version originale sur The Back Room, confirment la richesse de ce set. Munich fait également mouche auprès du public, sa version revisitée mettant en valeur la qualité d'écriture de la chanson. On est littéralement ébloui par la relecture de Papillon, totalement remaniée et inattendue dans ce format, mais terriblement efficace. En fin de concert, Tom interprète deux morceaux seul sur scène : It Ain't Me, Babe, reprise de Bob Dylan qu'il présente avec humour comme une chanson de Timothée Chalamet, suivie d'un inédit qui pourrait figurer sur le prochain album d'Editors prévu pour la fin d'année. Nick revient ensuite pour les deux derniers titres : Lights Of New York City, belle à pleurer, puis Smokers Outside The Hospital Doors, concluant 1h50 d'une prestation de très haut niveau.

Sans artifices ni paillettes, Tom Smith a ébloui l'Alhambra en compagnie de Nick Willes. Interprétant presque intégralement son album solo, l'Anglais a également laissé une large place au répertoire d'Editors (douze titres et un inédit), pour le plus grand bonheur des fans. Magnifique de bout en bout, ce concert porté par un songwriter d'exception restera, on le sait déjà, comme l'un des très grands concerts de l'année 2026.
setlist
    DEEP DIVE
    HOW MANY TIMES
    ENDINGS ARE BREAKING MY HEART
    ALL THE KINGS (EDITORS COVER)
    THE WEIGHT (EDITORS COVER)
    LIFE IS FOR LIVING
    HONESTY (EDITORS COVER)
    NO SOUND BUT THE WIND (EDITORS COVER)
    SOULS
    BROKEN TIME
    THE PHONE BOOK (EDITORS COVER)
    WHAT IS THING CALLED LOVE (EDITORS COVER)
    NORTHERN LINE
    AN END HAS A START (EDITORS COVER)
    BLOOD (EDITORS COVER)
    LEAVE
    MUNICH (EDITORS COVER)
    OCEAN OF NIGHT (EDITORS COVER)
    PAPILLON (EDITORS COVER)
    IT AIN'T ME (BOB DYLAN COVER)
    THE HILLS WE DIED UPON (EDITORS COVER)
    LIGHTS OF NEW YORK CITY
    SMOKERS OUTSIDE THE HOSPITAL DOORS (EDITORS COVER)
photos du concert
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