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Babyshambles
Getdown Services

Paris, Days Off Festival - 27 juin 2026

Live-report par Laetitia Mavrel

Jour 7 de la canicule : La pénurie de ventilateurs s'aggrave, déclenchant des scènes de violences dans les magasins aussi affligeantes que lors des razzias sur le papier toilette et les paquets de pâtes lors des confinements. Alors que les rails et les catenaires ne supportent pas plus la chaleur en été que les trois flocons de neige en hiver, les festivals se déroulant en ce dernier week-end du mois de juin sont un peu partout annulés les uns après les autres. La solution à notre misère ? Nous réfugier dans ce qui représente une oasis de fraîcheur, fort heureusement épargnée par les coupures de courant : la Philharmonie de Paris. Nichée au cœur du parc de la Villette, lui-même un refuge pour les Parisiens devenant fous, cette dernière accueille de nouveau le festival Days Off qui débute avec ce qui sera l'un des seuls choix véritablement rock de la programmation 2026 : le retour de Babyshambles.

Peter Doherty ayant ses quartiers dans les salles de concerts parisiennes depuis qu'il a embrassé la vie à la française, le croiser en live est devenu une sympathique habitude. Sa dernière apparition s'étant faite en guest de Vona Vella, groupe issu de son écurie Straps Original, à la Maroquinerie le 1er juin dernier, le voici de retour avec sa formation post-Libertines lorsque Peter, alors encore Pete, se bagarrait avec la drogue et les tribunaux. Une période assez triste mais qui a donné naissance à deux albums tout autant incisifs et « borderline » qu'attendrissants.

Babyshambles ayant toujours été un side-project, la discographie ne se constitue que d'un EP et trois albums, le dernier en date, Sequel To The Prequel, sorti en 2013. Ce soir sera donc un concert uniquement axé sur le passé et la franche camaraderie que vont nous proposer Babyshambles, toujours composés de Peter Doherty, Adam Ficek, Mick Whitnall et Drew McConnell. Ce come-back sur scène est le fruit des différentes réunions que le groupe a improvisé lors des dernières tournées solo de Peter. Grand bien leur en a pris, nous voici grâce à eux extrêmement bien assis (ou debout dans la fosse, on parle de rock anglais tout de même), sous la douce fraîcheur climatisée de la salle Pierre Boulez, alors que dehors la chaleur suffocante et stagnante commence à faire se déchainer les éléments.


En attendant, nous retrouvons un groupe qui fait partie des nouveaux petits chouchus de la rédaction. Plus des débutants car nous ayant dernièrement régalés d'une fabuleuse série d'EPs et de concerts complétement « WTF », Getdown Services aka Josh Law et Ben Sadler les bricolos du Somerset, nous font l'honneur de revenir en France à la suite de l'invitation de Peter himself. Dans une salle à peine au premier quart plein, nous craignions un bide pour ses deux zigotos qui eux n'hésitent pas à exhiber le leur fièrement pour chauffer leur public. C'était mal connaitre Josh et Ben que rien n'effraie, habitués maintenant à partager les scènes avec les plus grands noms sans jamais en prendre ombrage. Notre dernière rencontre à Manchester alors qu'ils ouvraient pour les Super Furry Animals nous a confirmé la capacité de Getdown Services à rallier à leur cause n'importe quelle audience. Alors ce soir, nous repartons pour quarante-cinq minutes où les deux anglais vont petit à petit convaincre les présents. C'est un premier tiers de fosse très bon client qui entre dans le jeu du duo, ce dernier déjà torse nu et toujours en pleine démonstration de ses danses très personnelles.
Le show commence par une reprise des Champs Elysées de Joe Dassin, tout comme lors de leur Trabendo en novembre dernier, et cela ne rate jamais sa cible. Tout en évitant, à la différence du concert à Manchester, d'inonder d'insultes les présents, les accroches seront tout de même nombreuses mais beaucoup plus cordiales. Tout en demandant encore et toujours « où est la discothèque ? », puis en martelant leur beats electro funky, rehaussés de la guitare de Josh, Getdown Services réussissent à se mettre dans la poche la foule, malgré notre appréhension. Alors que le nouvel album Massive Champion est attendu pour ce mois d'août, nous retrouvons en vrac Eat Quiche, Sleep, Repeat, The Radiator, et, France oblige, Don't Cheese Me Off où tout de même nous aurons droit à un petit « You French twats, fucking bastards », il faut quand même respecter au minima la tradition, tête d'affiche ou pas.

Ça dance, ça rock, ça baragouine, ça s'exerce au hip-hop et surtout avec un laisser aller le plus total (qu'attendre d'autre de deux larrons un peu bidonnants en shorts de sport), toutes les convenances sont foutues à la benne et cela fait un bien fou. Alors, seul dans son carré de sièges, délaissé par les spectateurs du balcon partis s'enfiler un nouveau petit verre de vin blanc (et pas le dernier) de la soirée, nous profitons de tout l'espace à notre disposition pour guincher de façon absolument anarchique au son des géniaux Getdown Services. C'est alors sur les notes de One More Time de Daft Punk que Ben et Josh quittent la scène avec une dernière chorégraphie aussi délicieuse que discutable.


L'heure de l'entracte débute, la fosse réussit enfin à se remplir (elle attendra un bon trois quarts) pour l'entrée sur scène de Babyshambles. A la différence des sets solo de Peter Doherty qui s'y déplace avec toute sa petite famille (femme, enfant, chiens et compagnons divers et variés), c'est bien en « célibataire » que Peter se présente à nous, avec ses camarades. Et ce soir, nous retrouverons non pas Peter mais bien Pete Doherty, celui qui met le feu à la scène, qui se laisse glisser vers ces étranges trances, de nos jours sans aucunes substances illégales pour les déclencher. C'est ainsi juste l'euphorie et peut être un peu la bière qui rend Peter Doherty joyeux et très rock and roll. On observe un Pete plus en forme, un brin plus svelte avec ses bretelles d'une autre époque et son chapeau de neo-paysan. Et surtout le sourire et l'énergie qu'il ne cessera de déverser vers son public, à 100% acquis à sa cause. Malgré une salle pas totalement pleine, les présents font honneur à Doherty et sont mis en avant les deux excellents premiers albums de Babyshambles, Down In Albion et Shotter's Nation.

La canicule sévissant encore à l'extérieur, et malgré la climatisation de compétition de la Philharmonie, les guitares se désaccordent plus vite que la musique permettant quelques parenthèses où Pete nous fera la conversation comme il la ferait à un voisin de comptoir au PMU du coin. A l'image des premières années sulfureuses de Babyshambles, nous retrouvons un public déchainé, probablement d'époque mais pas seulement, l'aura de Doherty et de tout ce qui touche de près ou de loin aux Libertines créant sans cesse de nouvelles vocations. Il est donc naturel sur la durée totale du concert de voir s'agiter les premiers rangs, d'assister à de nombreux lancés de gobelets fort heureusement vides et d'apprécier cette connexion entre le public français et Pete Doherty qui s'est établie dès le départ, malgré les frasques et les annulations à la pelle d'antan.

La setlist n'est pas surprenante, elle fait place aux singles les plus « cool » de Babyshambles et le final se faisant sur Fuck Forever, devenu hymne et slogan de toute une génération de fans de Peter, ce dernier nous rejoint à l'image des copains de Getdown Services sans le t-shirt mais avec les bretelles, apportant un dernier petit zeste de folie à cette soirée. On a donc oscillé entre les deux faces de Doherty : Peter l'assagi et Pete le chien fou, dont on a senti qu'il ne s'est véritablement jamais effacé. C'est alors sous un ciel parisien zébré d'éclairs et sous les rafales de vents venant enfin nous rafraîchir que nous quittons cette soirée, certes uniquement axée sur la nostalgie mais néanmoins très réussie.
setlist
    Getdown Services
    Non disponible

    Babyshambles
    Killamangiro
    Delivery
    I Wish
    Sedative
    Beg, Steal Or Borrow
    There She Goes
    La Belle Et La Bête
    Back From The Dead
    Carry On Up The Morning
    8 Dead Boys
    Baddie's Boogie
    Lost Art Of Murder
    Albion
    Unstookie Titled
    You Talk
    French Dog Blues
    Dandy Hooligan
    Pipedown
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    Fuck Forever
photos du concert
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