Chronique Single
Date de sortie : 17.10.2005
Label : Rough Trade
Publié par
Raph, le 25 octobre 2005
Parfois, les apparences sont trompeuses, mais ce split Andrew Aveling – Pete Doherty semble bien être le premier pur produit marketing de l’ère Libertines. Le label nous envoie donc gracieusement ce qu’on appellera une biographie, et qui insite essentiellement sur les conditions de la rencontre entre les deux garçons… Mais ne rentrons pas dans ce jeu, ce chemin étant celui de la facilité, et concentrons nous sur ce Their Way, premier single de Littl’Ans.
Car oui, on aurait aimé que les qualités artistiques indéniables ici soient un peu plus mises en avant. La mélodie d’abord, infiniment simpliste, mais infiniment imparable, laissant plâner une onde de douceur et de plaisir sur l’auditeur, et saupoudré par la production très spacieuse de Robert Harder. L’atmosphère créée tend imparablement vers un certain onirisme fébrile, et nous ramène droit chez les Beach Boys ou chez le Elvis, version crooner.. Dépassons d’ailleurs le cadre stricto sensu de ce "Their Way" pour s’arrêter un instant sur le clip, ballade nocturne charmante en plein cœur de Londres, et qui soutient magnifiquement cet élan de légèreté.
Premier single très attachant donc, mais qui, bien rapidement, perd de sa saveur, conséquence de deux faces B qui s’ennuient ferme. Car "The Other Way" et "Did you hide From Saturday Night ?" sont quasiment des copies quasi conformes de leur aînée, le charme en moins. Alors la petite chansonette frissonante, pourquoi pas, mais de là à en faire la règle… On aurait aimé un peu plus de variété, découvrir d’autres qualités à ce Andrew Aveling, probable fils spirituel des Byrds, et ne pas être lassé après ces 3 premiers titres. C’est malheureusement le cas, et l’impression de tourner en rond est vite palpable.
Littl’Ans fait écho à ces multiples sessions solos de Pete Doherty post-Up The Bracket… source de perles mémorables. Point d’évidence ici, mais une très jolie chanson, malgré tout. "Their Way" montre un projet encore fragile, avec un manque évident de fond et de travail (le manque de temps ?), mais en tout point charmant. Du coup, on fera confiance à Rough Trade pour la suite, on leur doit bien ça !