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Madra Salach

It's A Hell Of An Age EP

Madra Salach - It's A Hell Of An Age EP
Chronique EP
Date de sortie : 23.01.2026
Label : Madra Salach
4
Publié par Lena Inti, le 23 janvier 2026
On le sait depuis un moment, et ces dernières années le confirment : l’Irlande, c’est cool. Les irlandais, on les aime bien. Il semblerait que le monde entier les aime, et beaucoup revendiquent leurs origines irlandaises dès qu’ils ont 1% de sang émeraude. C’est vrai quoi : les gens sont sympas, il y a la Guinness, et culturellement, vous avez vu ? Tous ces acteurs et toutes ces actrices de cinéma originaires de notre île préférée qui crèvent l’écran et sont récompensés, sans parler de la littérature...

Et musicalement ? Il y a eu cet énième sursaut post-punk emmené par Fontaines D.C., puis le trio hip-hop chantant en gaélique KNEECAP, qui a récemment largement fait parler de lui (et apparemment contribué à faire exploser la demande d’apprentissage du gaélique en Irlande), mais aussi des groupes davantage orientés shoegaze comme NewDad et Just Mustard. Plutôt modernes et dans l’air du temps, ces groupes, n’est-ce pas ? Et le folk traditionnel dans tout ça ? Pas assez cool ? On ne le retrouverait que dans les pubs irlandais ? Que nenni. The Mary Wallopers et leur folk-punk jouissif de pub (avec le portrait de The Pogues derrière le bar) a du succès et est de plus en plus demandé dans les salles de concerts et festivals. Les mystérieux Lankum et leur dark folk moderne qui fait frissonner sont également devenus une référence de la musique irlandaise actuelle.


C’est dans ce paysage musical (très brièvement résumé ici...), que Madra Salach déboulent, plus enjoués que Lankum, mais plus sombres que The Mary Wallopers. Formés en 2023 par Paul Banks au chant, Adam Cullen à la guitare, Jack Martin à la mandoline, au synthétiseur et tin whistle (une petite flûte irlandaise), Maxime Arnold à l’harmonium (mi-clavier mi-accordéon), Dara Duffy à la batterie et Jack Lawlor à la basse, les six musiciens, qui jouaient déjà chacun dans des projets distincts, se sont retrouvés par amour de la musique folk traditionnelle irlandaise et par envie d’y amener un aspect plus moderne en expérimentant notamment avec le synthétiseur. Déjà bien accueillis dans leur propre pays dans les pubs durant leurs sessions live, nous avons pu les découvrir il y a quelques mois avec un magnifique premier single, Blue & Gold. C’est celui-ci qui ouvre leur premier EP, It's A Hell Of An Age, une des premières sorties de 2026, et pas des moindres !

Le début se base sur un accord simple et entêtant à l’harmonium, fil rouge du morceau, simplement accompagné par la voix pleine de Paul Banks, qui chante avec ses tripes, prenant les nôtres au passage. La première partie résonne de façon mystérieuse et un tantinet angoissante, avant qu’une instrumentation plus aérienne et enjouée ne vienne alléger subtilement le titre, qui prend une tournure bien plus contemporaine et riche lorsque le reste des instruments s’y joignent. Si ce premier morceau décrit l’espoir d’un jeune homme du début de la vingtaine de s’enrichir grâce à un ticket à gratter gagnant, I Was Just A Boy évoque la difficulté à entrer dans l’âge adulte en plein COVID-19, et la facilité à partir en vrille durant cette période. La petite flûte irlandaise fait une entrée fracassante juste après l’intro de l’envoûtant Spancil Hill, nous donnant l’impression irréelle de survoler l’île émeraude. Et c’est un peu de ça que nous parle cette reprise modernisée de la ballade folk composée par Michael Considine il y a deux siècles : un irlandais ayant émigré aux Etats-Unis, rêvassant de se retrouver à Spancill Hill, dans l’Ouest de l’Irlande, la veille de la foire aux chevaux.

It's A Hell Of An Age est un EP émouvant, honnête et brut, qui rend hommage à la musique traditionnelle et à la poésie du quotidien, en y ajoutant des touches modernes de guitare et de sons électroniques, mais avec subtilité. C’est cette expérimentation venue tout naturellement, sans prendre le pas sur le reste, qui rend cet EP si intéressant. Si la première partie suivait un schéma relativement similaire (mais très efficace) avec des titres à l’intro dépouillée et une montée progressive en intensité avec l’ensemble des instruments, la deuxième partie du disque se laisse davantage respirer, avec une instrumentation bien plus minimaliste, harmonium-guitare-voix pour The Man Who Seeks Pleasure et guitare-voix pour la très agréable ballade Murphy Can Never Go Home qui clôt l’EP tout en douceur et résonne quelques instants autour de soi...
tracklisting
    01. Blue & Gold
  • 02. Spancil Hill
  • 03. I Was Just A Boy
  • 04. The Man Who Seeks Pleasure
  • 05. Murphy Can Never Go Home
titres conseillés
    I Was Just A Boy - Spancil Hill
notes des lecteurs
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