logo SOV

DEAD AIR

World Wide Villainy EP

DEAD AIR - World Wide Villainy EP
Chronique EP
Date de sortie : 13.03.2026
Label : Fly Tip Records
4
Publié par Adonis Didier, le 15 mars 2026
Salut les filles ! Le WOOHP (World Office Of Human Protection) a une nouvelle mission pour vous ! Nos agents partout autour du monde nous ont remonté des informations alarmantes : il semblerait qu'à cause de Twitter, des pistes cyclables à Paris et du lithium dans les dragibus, les gens soient tous devenus cons. Mais ce n'est pas pour ça que je vous ai fait venir. Non, ce qui m'inquiète vraiment, c'est la W.W.V. ! Le World Wide Villainy, l'associations des plus grands vilains et malfaisants que le monde ait jamais porté, un conglomérat de milliardaires et de dictateurs et de présidents et de milliardaires et de... Bref, des gens très riches et très méchants ! Vos armes ? Ce compoudrier, ce rouge à lèvres laser et, bien sûr... le punk !

DEAD AIR, ce presque remake des Totally Spies mais avec trois mecs de South London (n'allez pas voir les photos, imaginez juste les Totally Spies), luttant contre les organisations les plus maléfiques avec des guitares et des cris. Après avoir écrasé la WWF et empêché la domination du monde planifiée par les pandas, après avoir déjoué les plans de la WWE et obtenu de John Cena qu'il ne joue plus jamais dans un film, DEAD AIR s'attaquent à un ennemi toujours plus impitoyable : le capitalisme. La WWV, la World Wide Villainy (ndlr : l'infamie du monde entier), le troisième EP et le bon des bûcheurs besogneux de la formation. NTM chantaient « le plus dur c'était de sortir de la cave, et les gens le savent », un dicton qui n'a jamais été aussi vrai qu'avec Reuben Moonasar, Lyle Salvatore et Richard Greenbury.


Un groupe de punk londonien jamais vraiment inséré dans la scène locale, beaucoup plus proche par essence de groupes rugueux et provinciaux comme Snayx, SOFT PLAY, KNIVES, Kid Kapichi, SOAPBOX, Thank et toute la compagnie. Le genre de gars qui s'envoient une pinte cul sec, qui tapent ensuite, et qui finissent par hurler pendant deux minutes et trente secondes sur le manque de bus pour faire Sheffield – Leeds un dimanche ! Un bouillonnement culturel qui prend racine dans un Brexit dévastateur, s'en est suivie l'explosion d'IDLES, et dans les traces de la bande à Talbot toute une palanquée de soudards de la musique qui du post-punk auront choisi seulement le punk. Heavy Lungs et tous les autres, et c'est maintenant au tour de DEAD AIR de franchir la Tamise, leur Rubicon à eux, à quelques mille trois cents kilomètres de Savignano.

Crossing The Rubicon jette d'entrée les éléphants dans les Alpes, c'est pas la bonne guerre mais c'est pas grave, toutes les guerres sont celles de DEAD AIR, la preuve ils Do It For The Pay. Ils le font pour la paie à la fin du mois, et pas la bonne. Plutôt celle que tu ramasses au niveau du SMIC quand des mecs qui passent leurs journées à donner des ordres débiles dans des tours à bureaux s'en mettent mille fois plus dans les poches. Le beat est accrocheur, sautillant, les gars ont compris que la manifestation passerait aussi par la forme et par les pogos, on n'attire pas les mouches avec du vinaigre mais en mettant de la pop dans son punk. Chanson suivante, on retrouve dans Black Flag des éléments pop-punk de type The Offspring gonflés aux hormones, des touches de gros refrains rock années 2000, et ce couple basse-batterie grouillant et bondissant à l'instinct les crocs dans la nuque d'un vieux riche de droite. Fast Food World boucle la grande boucle les mains sur le guidon mais plus sur les freins, presque un peu trop vite pour un groupe qui semble mieux maîtriser les changements de rythme que le deux cents à l'heure sur l'autoroute.

Il n'en reste pas moins que DEAD AIR ont aujourd'hui atteint le niveau qu'on attendait d'eux depuis quatre ans : un punk sauvage et conscient, qui tape où et quand il faut, qui sait désormais ménager ses effets et prendre un peu d'élan avant de frapper. En espérant que World Wide Villainy soit enfin le déclencheur d'une véritable carrière, pour un groupe qui, s'il n'a pas inventé l'eau chaude, fait plutôt très bien le café !
tracklisting
    01. Crossing The Rubicon
  • 02. Do It For The Pay
  • 03. Black Flag
  • 04. Fast Food World
titres conseillés
    Do It For The Pay - Black Flag
notes des lecteurs
    Vous devez être connecté au forum pour noter cet album.
Du même artiste