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Bleech 9:3

Bleech 9:3

Bleech 9:3 - Bleech 9:3
Chronique EP
Date de sortie : 15.05.2026
Label : Polydor
4
Publié par Adonis Didier, le 19 mai 2026
Evangile selon Saint-Marc, verset 9:3 : « ses vêtements devinrent resplendissants, et d'une telle blancheur qu'il n'est pas de foulon sur la terre qui puisse blanchir ainsi. ». Remplacez foulon par javel, en anglais bleach, et vous obtenez le nom d'un groupe qui vit sa vie en noir et blanc entre Dublin et Streatham : Bleech 9:3.

De l'histoire de deux amis qui se rencontrent aux Alcooliques Anonymes après quelques mois de sobriété, Barry 'Baz' Quinlan et Sam Duffy en ont fait un groupe de rock inspiré des vagues grunge et nu-metal des années 90 et 2020. Rejoints par le frère de Barry, James, à la basse et Luke O'Neill à la batterie, le quatuor originellement irlandais prend ses quartiers à Streatham et commence à composer sur la base de ce qu'ils aiment : Alice In Chains, Deftones et, plus récemment, Wunderhorse.


Il y a évidemment beaucoup plus d'influences que ça dans la musique de Bleech 9:3, mais si on devait résumer leur musique en trois secondes avec un flingue sur la tempe c'est probablement ces noms-là qu'on donnerait. Une musique sombre, frustrée, rageuse et angoissée faite de nuances de gris et de cette étonnante capacité à se faire pop et efficace : Kurt Cobain ne saura jamais combien d'enfants du rock il a engendré mais il y en a minimum quatre qui sont aujourd'hui dans le même groupe. Bleech 9:3, la Seine-Saint-Denis ça se reconnaît au débit et le groupe est du genre à ne jamais s'arrêter. Un premier EP qui s'appelle sobrement Bleech 9:3 et qui démarre sans sommation par Jacky, du noise-grunge qui rentre dans le lard avec le même air de gamin des rues qu'arbore fièrement sa pochette grise.

Les guitares se craquellent dans le fond au son du noise-punk, la basse ne laisse aucun temps mort aucune échappatoire, et dans cette décharge industrielle bas du front fuite par à-coups les relents d'un refrain aux airs rock et entraînants. Il en va de même pour Underrated qui ajoute de grands cris de guitare et la traditionnelle formule grunge couplet calme – refrain énervé à un EP qui s'il ne révolutionne rien commence déjà à pousser le genre dans ses derniers retranchements. Cannonball ralentit le tempo et déprime juste le temps de nous faire croire au calme, mais Bleech 9:3 sont plus colériques que dépressifs, alors mettez-moi une avalanche de distorsion et une Guinness pour la table 3, et surtout No Surprise.


Une ligne de chant nu-metal-pop recalée sur une instru noise-punk, c'est peut-être ça qui correspond le mieux à Bleech 9:3 et à toutes ces chansons qu'on a l'impression d'avoir déjà entendues sans jamais remettre le doigt dessus. Et puis il y a Ceiling. Un single évident, une bombe sans retardement, un riff hystérique accroché au meilleur refrain de Wunderhorse, bienvenue dans le train Bleech 9:3 car si vous êtes arrivés jusque-là vous n'allez plus jamais en descendre.

Déjà programmé au Supersonic Records à Paris prochainement et vus en première partie de Shame et DEADLETTER, le groupe est sur les rails d'un succès qu'on leur souhaite mais qui n'est jamais garanti pour autant. Un train c'est capricieux, et ceux qui circulent en Angleterre ne sont pas réputés arriver à l'heure !
tracklisting
    01. Jacky
  • 02. Underrated
  • 03. Cannonball
  • 04. No Surprise
  • 05. Ceiling
titres conseillés
    Ceiling, Jacky
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