logo SOV

Gently Tender

This Was Once Fields EP

Gently Tender - This Was Once Fields EP
Chronique EP
Date de sortie : 22.05.2026
Label : TODO Records
35
Publié par Adonis Didier, le 26 mai 2026
Gentiment, tendrement countrydélique. Après le Dead Dads Club de Chilli Jesson en début d'année, c'est le projet des autres ex-Palma Violets qui revient sur le devant de la scène après un long moment d'absence. Un projet lancé dès la fin du groupe en 2018 avec quelques singles, puis un premier album de rock sixties très intéressant en 2022, un vide de trois ans et finalement le single A Mound A Field l'année dernière. Un projet qui vit sa vie mais qui peine à décoller. Un projet qui semble reprendre à la page une à chaque sortie, en se disant cette fois c'est la bonne. Et peut-être que cette fois c'est la bonne.

Alors on recommence tout, on reprend à zéro, et on sort ce qu'on appellera un premier EP du nom de This Was Once Fields sur la base d'une DA de londoniens épuisés retournant à la lande brumeuse. This Was Once Fields (ndlr : « autrefois ici il y avait des champs »), une transposition musicale de la volonté de retourner à une époque plus simple : pour la terre l'époque des champs et des collines, pour les musiciens les sixties et les seventies. Car autrefois il n'y avait ni boîtes de nuit ni tours à bureaux ni cabinets de consulting. Autrefois il n'y avait pas de rap, pas d'électro, et le post-rock n'existait pas puisqu'on faisait encore du rock.


De l'aveu même de Sam Fryer, A Mound A Field et le reste de l'EP lui sont venus d'une marche commencée dans un petit village de l'Hertfordshire et terminée dans Londres. En découle la musique de ce décalage mirobolant entre la ville et la campagne, de la redécouverte subite de tout ce que l'humanité a créé en bien comme en mal depuis que deux homo sapiens ont fait caillou contre caillou devant des brins d'herbe. Symbole de ces temps modernes remplis d'IA et de réseaux sociaux, le retour des groupes à la terre et à une musique brute : Westside Cowboy en tête avec leur brittanicana, The Slow Country où tout est dans le nom, et Gently Tender avec ce que l'on nommera très sobrement la countrydélique. Entre Love, la fin des Doors et la chorale folk de votre hameau anglais préférée, Sam Fryer reprend la barre avec les historiques Pete Mayhew, Will Doyle et Adam Brown, ajoute pour faire six Francesca Brierley et Evie Hilyer-Ziegler, direction la terre brûlée au vent des landes de pierre pour une longue balade entre amis.

A Mound A Field ouvre sur un piano électrique à l'ancienne, la voix grave et mystique de Sam, une flûte, un cheval sans nom, une pédale wah-wah et un break psyché. On se croirait à San Francisco avec des fleurs dans les cheveux, mais un brouillard opaque et un goût de porridge sur la langue nous ramènent à la raison. Pour oublier, Wild In The Uplands rallume la Vauxhall Viva du grand-père et part rouler sur la côte, le soleil brille dans le ciel, le groupe cavale comme Moriarty à la poursuite du Jefferson Airplane, et sur la banquette arrière les guitaristes s'envoient des grandes bouffées d'herbe fraîche. Un weekend de rêve mais il faut bien retourner bosser, alors Go Get It! feignasse ! La voix est sombre, grandiloquente, on se sent dépassé, écrasé, le soleil a été effacé par la fumée du grand capital et sur nos rétines une cheminée qui tourne sur elle-même se transforme en un long cigare allumé sur les bougies d'une Ford T.


Dans la poursuite du concept, City Of The Beast s'engage en une longue litanie rythm n'blues sur la ville de la bête jusqu'à 10000 Steps From The Door. Une conclusion folk psychédélique invitant à courir dans tous les champs et toutes les vallées, mais il n'y a pas de montagne assez haute ni de vallée assez basse, et nous voici déjà au moment de retrouver le chemin de la maison. Une maison qui était autrefois un champ, This Was Once Fields par Gently Tender, les fondations d'un groupe qui, dans sa veine countrydélique, sera peut-être amené à faire de grandes choses. Il manque encore les volets roulants et un peu de déco sur les murs, en témoigne une fin d'EP somme toute ronronnante, mais la petite maison dans la prairie a de beaux jours devant elle.

Un retour à la terre qui fait du bien, parce que qui n'a jamais eu envie de tout plaquer pour aller élever des teckels dans les Vosges ?
tracklisting
    01. A Mound A Field
  • 02. Wild In The Uplands
  • 03. Go Get It!
  • 04. City Of The Beast
  • 05. 10000 Steps From The Door
titres conseillés
    Wild In The Uplands, Go Get It!
notes des lecteurs
    Vous devez être connecté au forum pour noter cet album.
Du même artiste