Le premier
EP de teethin, tout en minuscules, avait piqué notre curiosité avec sa violence débridée et l'art de filer comme une comète. Il délivrait un message passionné et viscéral, puis rentrait dans sa coquille dès la dernière note. Ne restait que l'impression d'un mirage, si ce n'est cette douleur persistante qui attestait de sa réalité.
Pour cette deuxième poussée de dents, les gallois ont canalisé leur douleur, mais n'en ont pas pour autant étouffé leur rage.
ROBBED MOST HEADS BLIND, tout en majuscules, commence avec un
COMEDOWN au rythme lent, mais avec tout de même une double grosse caisse comme les groupes de death metal. Sur
TOERAGS, c'est la basse qui montre les muscles dès l'intro, très vite rejoint par des riffs de guitares envoyés comme des coups de poing, vifs, brefs et violents.
Si le tempo augmente très légèrement sur
WRONG HOUSE, c'est surtout le groove qui monte dans les tours, le refrain est accrocheur, mais teethin ne virent pas pop pour autant, le morceau conservant toute sa bizarrerie. Pour une chanson qui peut mettre le dancefloor en feu, attendez
BOOMERS que vous avez pu découvrir sur notre
playlist de juin : quelle idée dangereuse de servir des cocktails molotov au bar ! Le refrain donne le feu vert pour enflammer le mosh pit, alors que les incendiaires rebelles ont la parfaite BO pour tout détruire. Le "tube" de l'EP est pris en sandwich entre les deux morceaux les plus sombres, comme des cauchemars contés, portés par une guitare lancinante évoquant une douleur sourde.
Dans la veine de Nine Inch Nails, Chalk voire IDLES dans leurs moments les moins punks,
ROBBED MOST HEADS BLIND offre une plongée dans les tréfonds les plus sombres de l'âme et de la société. Le format EP est idéal pour cette musique aux frontières de l'expérimental, du punk, du métal et de l'électro, je ne suis pas sûr que j'aurais beaucoup de plaisir à écouter tout un album, ou alors il faudrait oser y aller franchement et sortir le double album le plus difficile d'accès depuis
Metal Machine Music de Lou Reed.