Alors que le climat ambiant est, comme qui dirait, un tantinet tendu, The Molotovs apportent un éclair de jeunesse, d'espoir et d'éclat dans un ciel trop sombre. Wasted On Youth, leur brillant premier album, se signale comme un des plus beaux objets soniques venus l'autre côté de la Manche de mémoire récente. Avec onze chansons au compteur, onze singles potentiels, l'album est une décharge continue d'énergie, de mélodies et de rythmiques dansantes. Une explosion new wave et punk qui en impose.
Frère et sœur à la ville, Mathew et Issey Cartlidge affichent respectivement dix-sept et dix-neuf ans au compteur et une maturité musicale assez folle. C'est qu'adolescents, ils affirment avoir donné plus de six-cent concerts en cinq ans avant de signer avec Marshall Records et d'enregistrer leur premier album.
Si, côté influences, The Jam est sans doute la plus évidente, du chant énergique au style Mod Revival qui empruntent au jeune Paul Weller, l'écoute de Wasted On Youth révèle que ces jeunes gens ont sans doute été biberonnés aux Libertines (Get A Life, Wasted On Youth), aux Undertones (Rhythm Of Yourself) ou encore à Oasis (Daydreaming). Produit par Jason Perry (Don Broco, Trash Boat) au Marshall Studio, l'album met les potards sur 11 et envoie la sauce.
Mathew Cartlidge s'avère un songwriter en or. Pas de gras sur ces compositions : mélodies immédiates, arrangements au cordeau, chant impeccable et rugissant... Classe et racée, la pop rock des Molotovs est un bolide difficile à arrêter. Car le duo enchaîne les bangers, s'affirmant autant capables de parler aux vieux briscards qu'aux jeunes générations avec une énergie explosive, un style affuté british coloré et une immédiateté pop rafraichissante : More More More, Wasted On Youth, Newsflash, Popstar, Come On Now...
Le single More More More, qui sonne comme le programme de ce groupe à l'énergie débordante, est accrocheur en diable mais s'avère n'être que la partie émergée de l'iceberg tant l'album regorge de pépites. Newsflash est impeccable et donne envie de sauter en l'air en reprenant les « oh oh oh » du groupe. Rhythm Of Yourself rappelle Miles Kane dans ses meilleurs moments. La ballade Nothing Keeps Her Away montre que le duo peut également accomplir des miracles en baissant la garde.
Il y a quelque chose de prodigieux à écouter ces morceaux impeccablement composés et joués, aux paroles acérées, œuvres de deux très jeunes musiciens : c'est une éclosion en forme de consécration. Today's Gonna Be Our Day qui clôt l'album est particulièrement réussie à cet égard : un appel aux armes pour la jeunesse, affirmant que le temps est venu pour cette génération de prendre le pouvoir et de rendre les choses meilleures. A l'écoute de Wasted On Youth, on a envie de dire : au placard les vieux croulants, les Molotovs présidents !