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Vona Vella

Carnival

Vona Vella - Carnival
Chronique Album
Date de sortie : 27.02.2026
Label : Strap Originals
45
Publié par Adonis Didier, le 27 février 2026
Si Vona Vella avaient existé en même temps que les Beatles, personne ne saurait qui sont ces énormes no-names de John Lennon et Paul McCartney. Et si les Beatles n'avaient jamais existé, Vona Vella n'auraient jamais existé. Une boucle temporelle bâtonnée des Smiths, des Libertines et de Belle And Sebastian qui file jusqu'à nos adolescents transis d'amour et de bons sentiments, Izzy Davis et Daniel Cunningham, meilleurs potes depuis les bancs de la fac de musique et cette idée saugrenue de monter leur propre duo de troubadours de la pop : Izzy & Dan. Ils ont eu zéro sur vingt en originalité, même eux s'en sont rendus compte, alors le nom sera finalement Vona Vella, et le coup de foudre est tombé quand personne ne l'attendait, l'été '23 sous la chaleur écrasante de la côte d'Azur.

On était jeune, on était fou, on était con, et alors qu'un chroniqueur à l'image de l'avis de recherche participait pour la dernière fois au Pointu Festival sur l'île du Gaou, celui-ci n'avait d'oreilles que pour une chose : Vona Vella par Vona Vella. Un premier album timide, touchant, rougissant au premier regard, croisant les mains sur un banc pour bêtement faire quelque chose de ses mains, empêtré qu'il est dans des sentiments qui le dépassent, le thermostat des émotions bloqué ouvert, à fond dans le rouge.
Izzy et Dan contre le reste du monde depuis Loughborough, minuscule ville au nom imprononçable coincée entre Derby, Leicester et Nottingham, signés dès leurs dix-neuf ans chez Strap Originals, le label d'un certain Peter Doherty. Devenus depuis des figures de la scène musicale de Nottingham, les co-propriétaires de la salle de concert et des studios The Grove, ils mutent lentement en un véritable groupe de cinq membres, tournent avec les Libertines puis avec le cabaret géant du sieur Doherty, et transforment peu à peu leur pop-folk mignonette en une pop-rock de compétition.


C'est donc augmentés de Dexter Howell à la guitare, Claud J Melton à la basse et Jake Bott à la batterie que Vona Vella investissent en 2025 les Albion Rooms, le célèbre studio des Libertines à Margate, en compagnie du producteur Jason Stafford. Jason 'Statham' Stafford qui va accompagner le groupe dans sa volonté de muscler son jeu : au revoir les guitares acoustiques, bonjour les cordes qui claquent et qui brûlent les mains, les riffs qui cognent d'une oreille à l'autre, mais toujours avec candeur, toujours avec tendresse.
Une main de guimauve dans un gant de cuir, les caresses se font rugueuses et on kiffe, les câlins deviennent kinky dans le respect et le consentement mutuel, la vie est un grand huit de plaisirs et de vagues à l'âme, une grande roue qui monte et qui descend au rythme des pulsations des passions : bienvenue dans le grand Carnival de Vona Vella, deuxième album des jouvenceaux les plus romantiques qu'ait jamais portée la perfide Albion.

Roméo et Juliette à la fête foraine, croquant dans la pomme d'amour de Bass Driver : une pluie de guitares déroule le tapis rouge à la valse des refrains, au tourbillon de la vie, mais la vie est parfois moche et toi aussi. You Can Be So Ugly sautille sur les rails toxiques de sa relation sous un déluge de licornes en peluche et de caramel vermillon, Over And Over alterne encore et encore les voix d'Izzy et de Daniel, l'entrelacement des timbres confine à une forme de sublime inatteignable dans la solitude, quand un plus un ne font pas deux mais soixante-douze. Ainsi Vona Vella ont grandi, et grandir c'est aussi savoir garder son âme d'enfant. Exit Plan coupe le carnaval en deux du plus bel interlude qui soit, Izzy seule sur scène avec sa guitare acoustique et quelques discrètes nappes de ce que l'on appellera un « synthé-flûte ».


Et déjà le train repart, Settle Down, Brand New Boy et Selfish Dogs s'enchaînent les cheveux dans le vent et des fleurs dans les cheveux, et la route file tout droit en direction de la meilleure chanson de l'album, Falling In A Sleeping Wind. De la pop à rendre jaloux Paul McCartney et Peter Doherty, qui n'ont pas écrit un truc aussi beau depuis au moins cinquante-cinq ans cumulés. Mais pas le temps de niaiser, les deux nigauds les plus attachants de tout le Leicestershire rallument le moteur, Bear Trap fonce s'aimer entre les éclairs de guitare jusqu'au dernier bar de redneck avant la fin du monde. Le point final d'une déclaration de maturité paraphée à l'encre de whisky, Bottled conclut l'album d'un blues rageur investi d'un message à la concurrence : « Nous sommes Vona Vella. Nous ne sommes plus des mignonnes petites peluches. Nous allons vous rouler dessus ! ».

Carnival par Vona Vella, la fête foraine d'une vie, un manège enchanté rempli de sensations fortes et de la plus belle pop qui soit, celle de deux amoureux un peu bêbêtes et niais mais qui maintenant payent leurs factures et ouvrent des comptes épargne ensemble.
tracklisting
    01. Carnival
  • 02. Bass Driver
  • 03. You Can Be So Ugly
  • 04. Come By
  • 05. Over and Over
  • 06. I Wanna Tap Into Your Heaven Again
  • 07. Exit Plan
  • 08. Settle Down
  • 09. Brand New Boy
  • 10. Selfish Dogs
  • 11. Falling in a Sleeping Wind
  • 12. Bear Trap
  • 13. Bottled
titres conseillés
    Bass Driver, Exit Plan, Falling In A Sleeping Wind
notes des lecteurs
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