Chronique Album
Date de sortie : 13.03.2026
Label : Tapete Records
Publié par
François-Xavier Espiau, le 13 mars 2026
The Monochrome Set, emblématique groupe du début des années 80, là où le punk et la new wave se disputaient la jeunesse à la recherche de nouveautés, a toujours façonné une pop fine appuyée par l'écriture ciselée de son chanteur Bid. Avec une riche carrière émaillée de séparation et de reformations, le groupe londonien, dont l'influence est fondamentale sur une myriade d'artistes depuis plus de quatre décennies, livre son nouvel opus composé de dix titres, faisant suite et écho au livre de paroles sorti en novembre.
Si, d'emblée, la première écoute nous fait incontestablement penser à The Divine Comedy, il est agréable de constater que nous sommes donc sur des terres favorables. La douce nonchalance d'ouverture portée par le single Lotus Bridge nous surprend à froid, avec un combo magique : voix, guitare (principalement acoustique) mais surtout chœurs (assurés par l'excellente Alice Healy) et clavier. Le piano, très présent tout au long de l'album, est d'ailleurs l'un des changements les plus perceptibles au regard des productions précédentes, et ce n'est pas pour nous déplaire.
Arcadia, au milieu de l'album, marque une courte pause étonnante, que l'on imagine sortie d'un rêve, très aérien, tout en vocalismes. Mais ce n'est pas fortuit, car cette respiration permet aux titres suivants de s'enchaîner avec un rythme un peu plus soutenu et où le clavier prend de l'ampleur, dont Athanatoi, et donne un bon exemple de l'entrelacement savant et magnétique entre guitare et clavier. Ambiance fantasmagorique... Des rythmes faussement syncopés de Map Of The Night Sky à la pop plus standard légèrement rétro de Jenny Greenlock, l'univers sonore est certes familier pour qui écoute du rock indé depuis longtemps, mais cela reste novateur et très plaisant.
L'album se referme avec Our Sweet Souls, ballade pop lyrique et si le mot farewell y est beaucoup prononcé, espérons que cela ne soit pas prémonitoire.
L'ensemble est très cohérent, sans excès, quasi orchestral et dégage une impression de sérénité. Après une grosse demi-heure en compagnie de ce groupe mythique, il est donc incontestable que certains vieillissent admirablement bien, en se réinventant, osant sortir de leurs habitudes et les vétérans de The Monochrome Set en sont une belle illustration.
En définitive, durant ce voyage, où l'on s'est imaginé être assis dans un bar de Londres assistant à un showcase classieux, aux textes dépeignant galeries de personnages et de situations, il est temps de prendre un billet Eurostar et aller encore une fois constater que les anglais sont les rois du rock indé.