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The Reytons

A Love Letter To A Broken Town

The Reytons - A Love Letter To A Broken Town
Chronique Album
Date de sortie : 07.08.2026
Label : The Reytons
35
Publié par Quentin Perriault, le 11 août 2026
Après un concert au Cabaret Sauvage à Paris l'an dernier, qui avait enchanté la rédaction par la complicité joyeuse du groupe avec son public, The Reytons présentent leur quatrième album en cinq ans. Malgré la régularité métronomique de leurs sorties, les joyeux lurons ne sont pas de Genève mais de Rotherham.

Rapidement comparé à la première vie des Arctic Monkeys par ses riffs aussi acérés que légèrement déglingués, des paroles empreintes du même champ lexical sur la trivialité du quotidien et un accent du Yorkshire fort assumé, le groupe mené par Jonny Yerell, contrairement aux singes arctiques qui ont très rapidement voulu faire évoluer leur son et expérimenter, persiste dans le même style musical depuis son tout premier single. Redondance ou réconfort, fatigue d'emprunter la même route ou plaisir d'en connaitre chaque virage, où en sont donc les Kids Off The Estate ?

L'album commence sur les chapeaux de roues avec un Jukebox excitant : paroles débitées avec un accent à couper au couteau, riff acéré et refrain ultra efficace, tout droit sorti de Favourite Worst Nightmare. Ce sera d'ailleurs le cas d'autres titres à suivre, comme Penny Picher, dont les vingt premières secondes pourraient très facilement passer pour une b-side de l'album en question.


On enchaîne avec Wish You Were There et Denton Rock, aux airs d'hymne pop-rock adolescent des années 2000, qui, s'ils semblent faits avec candeur, risquent de marquer les limites de l'exercice pour certains. Les mélodies un poil mielleuses et les refrains entrainants sur fond de mur de guitares harmonisées ne rassurent pas pour la suite. Heureusement, Busker's Paradise, démarrant sur une guitare acoustique attaquée avec autant de vigueur que les parties les plus saturées, arrive à condenser les deux mondes, avec un refrain tout aussi fédérateur mais plus fragile, moins forcé. La chanson décrit l'errance d'un musicien de rue, aux premières loges du délitement de sa ville, minée par les fractures sociales, sans fard mais sans pessimisme.

Ce qui apparait clairement tout au long de ces douze nouvelles chansons et qui force l'attachement au groupe, c'est qu'ils n'ont pas perdu l'énergie des débuts. Sans ressembler à ces anciens cool kids portant des pantalons trop serrés pour eux et ne cherchant pas non plus à forcer une profondeur qui finirait par paraitre artificielle, ils suivent fidèlement leur ligne, tête baissée et l'esprit espiègle. L'album se termine d'ailleurs sur un « go fuck yourself » blasé annoncé à moitié en dehors du micro. Loin d'être cynique, le groupe persiste et ne se relâche pas.


Sur Best Night Of His Life, c'est à nouveau la joyeuse énergie communicative qui prend le pas sur le reste et la nostalgie l'emporte sur l'éculé. Même quand les décibels redescendent le temps de quelques pistes plus calmes, le tempo ne ralentit presque pas. Un haut niveau d'énergie qui lui donne une patate constante, idéale pour les séances de course à pied pour qui envisage d'aller les voir en concert, car ceux-ci risquent de nécessiter une certaine endurance.

Alors certes, leur façon de composer dans un flot jusqu'à avoir assez de matière pour un album, plus qu'avec une intention différente à chaque nouvelle production, fait que la plupart des nouvelles chansons sont interchangeables avec les albums précédents. En compressant leurs quatre premiers disques, on aurait également pu en faire trois excellents. Mais ce serait leur faire un procès pour quelque chose qu'ils revendiquent eux-mêmes. On sait à quoi s'attendre, ils savent à quoi s'attendre, tout le monde sait à quoi s'attendre, il ne reste plus à l'album qu'à ne pas être mauvais, ce qu'il n'est pas.

Du pop-punk honnête, fun et efficace, parfois trop facile et calibré et n'atteignant pas souvent leur inspiration première, mais rattrapé par une fougue intacte et une confiance dans le plaisir de la musique plutôt contagieux. Rendez-vous en concert, clairement.
tracklisting
    01. JUKEBOX
  • 02. WISH YOU WERE THERE
  • 03. DENTON ROCK
  • 04. BUSKER’S PARADISE
  • 05. 241
  • 06. PENNY PINCHER
  • 07. BROKEN PROMISE OF A LULLABY
  • 08. BEST NIGHT OF HIS LIFE
  • 09. WICKER ARCHES
  • 10. HELLO HOW ARE YOU TODAY?
  • 11. CHARLIE CHALK’S
  • 12. GET THE BADGE IN
titres conseillés
    Jukebox - Penny Picher - Busker's Paradise
notes des lecteurs
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