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Les InRocKs Festival

Paris, Les InRocKs Festival, du 10 au 15 mars 2026

Live-report publié par Franck Narquin le 20 mars 2026

dimanche 15
Après le grand raout des Inrocks au CENTQUATRE pour fêter leurs quarante « piges », les festivités se terminent ce dimanche 15 mars à la Bourse de Commerce, jolie petite bâtisse du quartier des Halles abritant la collection d'art de François Pinault. En ce jour d'élection, on pourrait s'offusquer de ce système où deux milliardaires français se partagent le marché de l'art contemporain, créant eux-mêmes la côte des artistes sur lesquels ils investissent, en tirant de larges bénéfices défiscalisés et, peut-être plus grave, imposant ainsi un art mondial standardisé. Mais rassurez-vous, nous allons plutôt parler musique.


Nous nous imaginions passer la soirée confortablement installés dans l'Auditorium de la Bourse du Commerce avec ses sièges moelleux et sa qualité sonore remarquable, voire comme c'est parfois le cas dans la sublime Rotonde. Pas de chance, la soirée se déroulera au Foyer, espace en sous-sol ressemblant à un parking high-tech. Le français Camille Keller est attendu à 19h30, mais un bug de son MacBook, sensé lancé les sons et les visuels, retarde son set. On assiste à une scène ubuesque où plusieurs personnes montent successivement sur scène pour tenter en vain de relancer la machine, exactement comme Nadine de la compta galérant avec son PowerPoint de présentation des comptes trimestriels. Si on s'attarde sur ce détail c'est qu'il semble avoir affecté le jeune artiste.

Camille Keller monte sur scène mi-hagard, mi-agacé, s'adressant en anglais au public avant de switcher au français, oubliant ses paroles et devant faire face à d'autre problèmes techniques tout au long de son set. Le public, parfaitement habillé mais peu chaleureux, ne l'aide pas à reprendre pied. Difficile dans ce contexte de se prononcer sur sa musique, à la fois maladroite et ambitieuse, qu'on pourrait définir comme un mélange de flow à la Drake, de R&B s'inspirant de Frank Ocean porté par une « hip-pop » expérimentale. En un mot, laborieux.


Place au concert principal. On se dit finalement que cette salle bétonnée, sombre et baignée d'une lumière verte sied plutôt bien à la musique de Moin. Les quatre membres du groupe (guitare, basse, batterie, machines) se placent chacun sur un côté de la scène, se faisant face. Le groupe, sans chanteur (les plages vocales étant enregistrées) ne s'adresse pas au public mais tourne à plein régime. Avec un set principalement constitué de titres de leur excellent dernier album You Never End, ils font entrer peu à peu le public dans un sorte de transe électrorock. Mention spéciale à It's Messy Coping et Cubby, tous deux interprétés dans d'impressionnantes versions, encore plus denses et sauvages que sur disque. Un set court mais intense. En un mot, puissant.

La fête est désormais terminée. C'est reparti pour quarante ans !
artistes
    Camille Keller
    Moin