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The Great Escape

Brighton, The Great Escape, du 13 au 16 mai 2026

Live-report publié par Adonis Didier le 25 juin 2026

mercredi 13
Brighton. Ses mouettes, ses fripes vintage, sa jetée, ses plages de galets et son Great Escape. The Great Escape, le plus gros festival de rock en ville d'Europe qui cette année encore accueille entre 400 et 450 artistes et groupes répartis sur trois jours et demi, avec seul petit changement par rapport aux années précédentes, un mercredi soir officiellement taggué TGE et pas juste des groupes qui jouent dans des bars.

Si vous connaissez la Block Party du Supersonic à Paris, eh bien c'est pareil, sauf qu'au lieu de huit salles, il y en a quarante, et ce de midi jusqu'à minuit et quelques d'un bout à l'autre de Brighton. Une ville qui semble petite à première vue mais qui après avoir fait moults allers-retours vous paraîtra interminable, pensez-donc bien à choisir des lieux proches les uns des autres, mettez une laine parce que cette année ça caille sa mère, et si vous avez la chance de rentrer dans une salle n'en sortez plus, car le main event de cette année aura comme souvent été la file d'attente.


Mais bref, il est 19h ce mercredi soir, tous les attachés de presse, programmateurs, tourneurs, journaleux et influenceurs de l'industrie musicale britannique sont encore au bar, et nous sur le pied de guerre pour guetter l'un des groupes les plus intrigants de cette énième édition du Great Escape : The Healing Power Of Horses. Un tout premier single i wait, i sink sorti la veille, l'inconnu total et dans le Green Door Store, salle rock et punk située dans des vieilles fondations à même le sol sous la gare, une ambiance enfumée, du grunge post-rock laidback qui rappelle parfois Sorry et qui ne rappelle parfois rien du tout. Un duo de Cambridge qui joue à quatre sur scène entre une chanteuse possédée et un guitariste ténébreux tapi dans la brume, chacun vit ses chansons à sa manière et le résultat est aussi fascinant qu'addictif. C'est sans doute pour ça qu'on se gratte les veines en attendant leur premier EP Summer Indoors (or outside wearing black), à paraître le jour de mon anniversaire chez section1, et si vous ne connaissez pas la date de mon anniversaire honte à vous (je suis sympa c'est le 17 juillet) !


Parce que changer de salle c'est toujours une galère, on profite de l'entrepôt désaffecté qu'est le Green Door Store un peu plus longtemps avec Pollyfromthedirt, l'homme masqué originaire de Darlington, très au nord très au milieu de rien cinquante bornes sous Newcastle. Un musicien qui fait ses balances cagoulé pour ensuite jouer avec un masque, un MacBook et une guitare, dont le pseudonyme vient du prénom de sa mère et du surnom de sa ville de naissance, « the dirt town », la ville de la crasse. On s'attendait à un groupe mais on tombe sur un truc parfaitement improbable mais qui fonctionne, Loser de Beck au vingt-et-unième siècle. Du hip-hop, de la folk déglinguée, des gros beats en fond, parfois de la dance, parfois des trucs post-modernes incompréhensibles, et au milieu une chanson un peu normale, « pour les papas et les mamans », Theres no such thing as england. Un concert drôle, improbable, qui se termine sur la magnifique When england comes. Pollyfromthedirt est difficile à cerner mais a en lui une magie et un talent qui font que quand ça clique, le mec est un dix sur dix.


Jusque-là tout se passait bien, et puis on sort de la salle, et c'est là que l'expérience Great Escape peut enfin débuter. Les potes partent voir Angine de Poitrine, étant un bon ami je les suis, et en arrivant à la plage après trente minutes de marche c'est évidemment complet à ras bord. Etant passé par le front de mer, le chroniqueur avisé aura reconnu la musique de ugly ozo à travers la porte du Volks dans l'une des (très) nombreuses soirées non-officielles qui parsèment la ville pendant le festival. Plan B activé, Jess Baker et sa sœur Boo s'enjaillent comme jamais en jouant leur grunge popisé et pourtant de plus en plus grunge au fur et à mesure des sorties. On profite d'interludes en forme d'anecdotes, de conseils aux jeunes filles et de "celle-là elle est pour mon ex, ce tocard !". Le son est lo-fi et mériterait peut-être un fond de guitare en plus, d'autant que Jessica a dans l'idée de jouer toutes les lignes de guitare à elle seule, mais la qualité des chansons compense largement les quelques vides sonores, et puis le son ne sera jamais pire que l'an dernier quand on les avait vus dans le grenier d'un pub avec juste derrière dans le public Blood Red Shoes et Lonnie Gunn.


Car le Great Escape c'est aussi des rencontres, des musiciens et autres professionnels de l'industrie qui se baladent partout en ville, et qui à la fin se retrouvent tous au Patterns pour clubber un max ! Fin de soirée au Patterns du bas donc, le Patterns Downstairs avec The Itch, un groupe que nous avait beaucoup vanté Franck Narquin, mais comme une fois sur deux c'est un traquenard, on n'y avait pas vraiment cru, alors laissez moi vous dire que pour une fois c'est vraiment bon ! Can't Afford This nous fait danser pendant sept minutes sans discontinuer, les chansons prennent tout leur sens sur une piste de danse, le son est plus rock, plus vrai, et Simon Tyrie est quand même un putain de showman. L'homme qui se donne corps et âme derrière ses lunettes et sa veste de start-uper jet-setter sous C, la moitié du duo qu'il forme avec la batteuse Georgia Hardy ce soir augmenté d'une basse, d'une guitare et d'un clavier pour l'exercice live.

Une première soirée du Great Escape qui commence doucement, rapide mise en route pour chauffer le moteur avant le gros du festival qui commence dès le lendemain. Plein d'interviews, plein de concerts, les semelles et les oreilles vont chauffer, contrairement à l'air de Brighton qui lui va gentiment rester sous les quinze degrés, sale temps anglais !
artistes
    Angine de Poitrine
    Arima Ederra
    Bnnyhunna
    Boutique Feelings
    Bureau de Change
    Cyn Cwsg
    Elín Hall
    EMNW
    Flooding
    Fright Years
    Frozemode
    GILSKA
    Girl Apocrypha
    Girl In The Year Above
    Glazyhaze
    Hemi Hemingway
    Jack Van Cleaf
    Joan & The Giants
    John from Dawson
    Jos Rivers
    Jude Kelly
    Kimmortal
    LEMONSUCKR
    Lonnie Gunn
    Mae Hill
    Micah Sage
    Mudrat
    Native James
    Pollyfromthedirtµ
    Room Service
    Sean Trelford
    Sunbrella
    Sword II
    The Healing Power Of Horses
    The Itch
    The Wrong Trousers
    Tummyache
    Vera Ellen
    Winter Gardens