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Rock en Seine

Saint-Cloud, Rock en Seine, du 26 au 30 août 2026

Live-report publié par Fab le 2 septembre 2026

Après un temps clément la veille, c'est sous la pluie que va débuter cette quatrième journée de l'édition 2026 du festival Rock Seine, avec une programmation orientée vers le rock, le punk et le métal pour le plaisir d'un public franchement rajeuni en comparaison avec celui de la veille.


C'est sous une averse copieuse que va se dérouler le tout premier concert du jour avec Mannequin Pussy sur la Grande Scène. Forts du succès critique rencontré par leur dernier disque en date, I Got Heaven, et alors qu'ils annonceront durant le set avoir achevé l'enregistrement de son successeur, Marisa Dabice et son groupe vont faire forte impression durant une petite quarantaine de minutes. Tantôt abrasif tantôt plus mélodique, mais toujours direct et efficace, le punk des américains frappe fort, tant musicalement que dans les discours de la frontwoman de la formation, et le public, qui semble pour beaucoup les découvrir le leur rend bien, notamment durant un furieux I Got Heaven ou le très prenant Loud Bark. Une mise en bouche de grande qualité, courte et concise, de la part d'un groupe sur la pente ascendante.


Le temps d'une pause alors que les français de Novelists et leur metalcore font vibrer la scène BoursoBank, et nous voilà déjà de retour face à la Grande Scène pour les Lambrini Girls. Après avoir fait grand bruit lors de la sortie de leur premier album Who Let The Dogs Out l'an passé, puis arpenté les scènes aux quatre coins de la planète depuis, Phoebe Lunny et Selin Macieira-Boşgelmez vont livrer aujourd'hui un set punk sans concession et hautement politique, tant dans les marques de soutien aux minorités que dans les messages adressés aux extrêmes, à l'image d'un "Fuck Marine Le Pen" affiché au fond de la scène. Un message alors chaudement applaudi par une foule dont la frange la plus jeune reprendra par la suite des champs antifascistes, et dont la portée aura secoué la fachosphère dans les jours ayant suivi le festival. La musique de Lambrini Girls n'est sans doute pas des plus originales, mais la puissance et la conviction des interprétations, accompagnées par des interactions suivies par le public, notamment durant Craig David et les "Fuck Facism" repris par le public, auront fait du concert l'un des moments marquants de cette édition.


Une traversée du site plus tard, c'est sur la scène AXS que le public s'est amassé pour retrouver l'une des étoiles montantes de la scène rock française, Dynamite Shakers, dont le second album a vu le jour la veille. Avec des paroles en français dans le texte, beaucoup d'énergie et d'intensité déployées, et les voix de Elouan Davy et Lila-Rose Attard alternant ou se complétant, le jeune quatuor mise sur sa fougue juvénile pour convaincre, à défaut d'offrir une proposition réellement originale. Une prestation leur ayant au final permis d'augmenter leur capital sympathie, notamment durant une reprise du titre C'est comme ça des Rita Mitsouko, proche de l'originale mais emplie de conviction.


Après un concert remarqué au Point Éphémère il y a quelques mois, c'est forts d'un premier album disponible depuis peu, Cannonball, que les six anglais de Man/Woman/Chainsaw se présentent sur la petite scène Roc-On Volkswagen. Avec un line-up atypique réunissant quatre femmes et deux hommes, où se mêlent guitares, clavier, basse, batterie et violon, une énergie et une envie décuplées dès les premières secondes, la formation ne peut que faire naître des comparaisons avec Arcade Fire. Si l'on ne peut que louper l'harmonie se dégageant de la petite troupe, l'énergie de l'intenable Clio Starwood et quelques compositions au-dessus du lot (Nosedive, Goddamn, Lizard Man! ou le très beau Canyons marqué par les qualités vocales de Vera Leppänen), l'ensemble manque, tant sur disque sur sur scène, de liant et d'une ligne directrice claire, alors que certains titres sont d'une qualité moindre. Encore jeunes et perfectibles, Man/Woman/Chainsaw ont montré aujourd'hui quelques promesses, mais le chemin pour leur permettre de sortir du lot semble encore long.


Sur la Grande Scène, Amyl & The Sniffers vont quant à eux, à l'image de leur frontwoman Amy Taylor, livrer une prestation délurée, jouissive mais emplie de maîtrise. Alors que leur répertoire s'est étoffé au fil des années, en témoigne Cartoon Darkness paru il y a deux ans déjà, le set des australiens a désormais tout d'un rouleau compresseur, même si la formation semble ne peut plus miser autant sur l'effet de surprise que de par le passé. Avec un set mené à cent à l'heure, des titres courts et incandescents pour la plupart, et quelques hymnes en devenir de U Should Not Be Doing That à Jerkin', en passant par Guided By Angels ou Chewing Gum, l'univers punk garage de la formation emporte tout sur son passage sous l'impulsion d'une chanteuse au charisme certain. Il n'y aura guère que Big Dreams et son tempo plus lent pour accorder un temps de repos aux festivaliers aujourd'hui, pour beaucoup sous le charme de la tornade régressive Amyl & The Sniffers.


Sur la scène BoursoBank, une foule massive attend Turnstile de longues minutes avant le début du concert des américains, rendant l'accès à la zone des plus compliqués. Il faut dire que la popularité du groupe mené par Brendan Yates semble depuis plusieurs mois les mener vers des lieux de grande envergure à la faveur de l'accueil des fans et de la critique réservé à NEVER ENOUGH, leur dernier album en date, sur lequel les frontières de leur hardcore originel ont volé en éclats. Une petite heure va être suffisante au quintet pour faire l'étalage de son talent, le public ne s'y trompant et déclenchant moult pogos et slams aux quatre coins d'une fosse sens dessus dessous au bout de quelques secondes, le tout avec énormément de bienveillance de la part du groupe les personnes leur faisant face, toutes générations confondues. Un set détonnant, porté par l'énergie de l'ensemble du groupe, à commencer par un Brendan Yates tout aussi impeccable au chant qu'impliqué pour haranguer les fans, et que beaucoup retiendront comme le temps fort de cette quatrième journée, voire de l'ensemble de cette édition 2026, tant la communion entre les cinq musiciens et le public aura été forte.


De retour sur la Grande Scène, c'est au tour des vétérans de Deftones de clore les festivités. Avec une scénographie visuellement impressionnante et calquée sur celle observée il y a quelques mois à l'Adidas Arena à Paris, et une setlist les voyant parcourir l'ensemble de leur discographie pour un Best Of bienvenu, les américains ne vont pas avoir à forcer leur talent pour satisfaite la foule. Si l'ambiance dans le public est bien plus calme que pour Turnstile et que l'acoustique se veut légèrement brouillonne, le metal du groupe, qu'il soit direct ou plus atmosphérique selon les titres, fait encore et toujours mouche, sous l'impulsion notamment de Chino Moreno. Avec Be Quiet and Drive (Far Away), My Own Summer (Shove It) ou 7 Words, les fans des débuts en ont pour leur argent, tandis que Rosemary ou Change (In The House Of Flies) permettent aux plus réfractaires des musiques extrêmes de trouver leur compte. Un concert à l'américaine, déroulé avec maîtrise et efficace, à défaut d'avoir fait preuve de folie.

Une journée qui aura été à la hauteur des attentes nées de la programmation annoncée il y a quelques mois, avec son lot de concerts marquants, que beaucoup ne sont pas près d'oublier !
artistes
    DEFTONES
    TURNSTILE
    AMYL & THE SNIFFERS
    LANDMVRKS
    LAMBRINI GIRLS
    FCUKERS
    CLIPSE
    AFI
    MANNEQUIN PUSSY
    MAN/WOMAN/CHAINSAW
    JESSICA93
    GRANDMA'S ASHES
    DYNAMITE SHAKERS
    HIGH VIS
    NOVELISTS
    CRÉATION : GWENDOLINE & FUTUR COMPOSÉ
    MOTTOMODA
    MADDY STREET
photos du festival