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Archive

Boulogne-Billancourt, La Seine Musicale - 3 avril 2026

Live-report par Emmanuel Stranadica

Au début de cette année 2026, Archive effectuaient un retour fracassant avec l'excellent Glass Minds. Pour accompagner cette sortie, le collectif electro-rock a démarré sa tournée à la Cartonnerie de Reims à la fin mars et se retrouvait à la Seine Musicale près de Paris pour sa seconde et dernière date française. Tout comme à Reims, la date dans les Hauts-de-Seine affichait complet, ce qui ne surprend pas étant donné la qualité de leur dernier album et la popularité du groupe en France.

Il est presque 20 h lorsque les lumières s'éteignent pour laisser entrer la première partie de cette soirée. Bokka, quatuor polonais, visiblement ami des Anglais, se présente curieusement paré de masques. Concentré sur le devant de la scène, le groupe débute son concert avec un morceau assez rock, alors que la suite se révèle beaucoup plus électro. Malgré le costume-cravate des musiciens et la longue robe de la chanteuse, Bokka semblent très à l'aise sur scène. D'ailleurs, le son est loin d'être à l'opposé de celui d'Archive. En effet, la musique déployée en live sonne souvent très synthétique, sombre et planante. Six morceaux et une petite demi-heure permettent au public de se mettre en condition avant le concert très attendu.


D'une manière assez inattendue, au cours du changement de plateau, Beetlebum de Blur résonne dans la salle. Vingt minutes après la sortie de Bokka, les lumières s'éteignent et Broken Bits débute pendant que les sept musiciens prennent place dans une lueur bleue. Les trois chanteurs, Pollard Berrier, Lisa Mottram et Dave Pen, sont alignés et interchangeront leurs places tout au long du concert. Des formes blanches mouvantes s'agrandissent en fond de scène et Darius Keeler semble déjà bouillant d'énergie. Cette entrée ressemble à une sorte d'apocalypse, voire de résurrection; le logo du groupe apparaissant sur le backdrop en guise de conclusion. Look At Us suit ce démarrage. La chanson est superbement interprétée par Lisa, tandis que Darius danse près de Mike Bird, comparse de Dave Pen dans le duo BirdPen. La batterie est puissante et le son nous emporte littéralement. Sur Wake Up Strange, les trois voix résonnent dans un éclairage évoquant la lueur du matin. Il fallait bien un morceau de cette trempe pour calmer l'énergie de la chanson précédente.

Archive s'aventurent ensuite pour la première fois vers un autre disque que Glass Minds. Numb, quasi enchaînée au morceau précédent, expulse toute sa force en live. Alors que défilent les visuels de la pochette de You All Look The Same To Me, Darius est comme en transe. Les trois guitares délivrent une sacrée dose d'électricité et viennent appuyer la batterie percutante. À ce moment-là, nous ne sommes qu'au premier tiers du concert, et Archive ont déjà largement fait le job. Les Anglais vont alors se concentrer sur les compositions de Glass Minds en exécutant pas moins de quatre chansons successives tirées de l'album. On appréciera tout particulièrement la version de So Far From Losing You, délicate et dépouillée dans sa première moitié, avant que son rythme ne redevienne percutant grâce au jeu de batterie de Steve « Smiley » Barnard. C'est alors que Again surgit. Véritable hymne, sur lequel Dave Penn, seul chanteur sur scène pendant une bonne partie du morceau, nous gratifie d'une prestation vocale de haute-volée, tandis que la basse de Jonathan Noyce vrombit. Le public est aux anges face à cette performance live de quinze minutes quasi Floydienne.


Jimmy Collins fait alors son entrée pour rappeler qu'Archive peuvent également s'aventurer vers le hip-hop. Il interprète avec force Heads Are Gonna Roll, ainsi que Bastardised Ink, premier retour vers Controlling Crowds, qui sera à l'honneur dans cette dernière partie de concert. En effet, après la délicate Patterns, ultime extrait de Glass Minds, où le chant de Pollard Berrier nous pénètre de sa mélancolie, Dangervisit et son fameux « FEEL - TRUST - OBEY » viennent conclure un set riche d'une heure quarante, riche en émotions.

Une fois les sept musiciens sortis, la distorsion sonore ne diminue pas. À peine deux minutes plus tard, Controlling Crowds débute et voit le groupe reprendre sa place sur scène. La version est littéralement anthologique, notamment lors du passage où Pollard chante « Keep me calm 'cos I'm scared of their controlling crowds. Here they come », avant que le son ne vienne, telle une armée, tout écraser sur son passage. Pills, puis retour de Jimmy Collins le temps d'un Lines incisif, sur lequel s'enchaîne un autre grand morceau d'Archive : Fuck U. Dave Penn livre une dernière prestation vocale de toute beauté, avant qu'une déferlante musicale ne vienne se joindre à lui et conclure de la plus belle manière ce concert.

Pendant deux heures et dix minutes, Archive ont su magnifiquement captiver l'audience de la Seine Musicale. Si Glass Minds a été largement à l'honneur, les Anglais ont également su piocher quelques perles dans leur vaste discographie. On ne pouvait rêver mieux.
setlist
    BROKEN BITS
    LOOK AT US
    WAKE UP STRANGE
    NUMB
    CITY WALLS
    GLASS MINDS
    SHINE OUT POWER
    SO FAR FROM LOSING YOU
    AGAIN
    HEADS ARE GONNA ROLL
    BASTARDISED INK
    PATTERNS
    DANGERVISIT
    ---
    CONTROLLING CROWDS
    PILLS
    LINES
    FUCK U
photos du concert
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