Après avoir sorti début avril un excellent premier album, deary venaient nous présenter sur scène leurs nouvelles compositions. Le groupe s'était déjà produit à Paris, au POPUP!, il y a un peu plus d'un an, en février 2025. Leur prestation nous avait beaucoup séduits, même si le set s'était avéré un tantinet court (environ quarante-cinq minutes pour neuf morceaux interprétés). Depuis,
birding, l'album, est sorti et on attend évidemment davantage des Anglais pour ce concert au Hasard Ludique.
Mais avant cela, ce sont les Français de
Midscale qui ouvrent la soirée. Les quatre Parisiens ont récemment sorti un EP de 4 titres faisant suite à leur premier album paru en 2024. Leur concert débute avec une intro musicale digne d'un monde parallèle lynchien. Annoncé comme un groupe jouant du shoegaze, il est vrai que certains membres du groupe aiment regarder leurs pieds en faisant crisser les guitares. Entre slowcore et noisy pop sautillante contenant de belles envolées sonores, leur set n'est pas déplaisant, notamment l'instrumental
Lush. Les trente-cinq minutes live passent plutôt bien, malgré un chanteur-guitariste qui a parfois un peu trop tendance à hurler, ce qui tend à desservir légèrement le concert.

Les Anglais de
deary montent rapidement sur scène afin d'effectuer les derniers réglages de leurs instruments avant leur concert. C'est à l'écoute de morceaux de Night Swimming ou encore de TVAM que Dottie (Rebecca Cockram) et ses quatre comparses s'ajustent pendant un petit moment avant de quitter la scène pour y revenir quelques minutes plus tard, lors de l'extinction des lumières.
Augmentés de deux musiciens supplémentaires par rapport à leur dernier passage, deary gagnent en maturité sonore. Nick Rainey, guitariste de Sadplanet, et Alice Geary à la basse, sont en effet venus muscler le son live du groupe.
birding, conclusion musicale de l'album du même nom, résonne dans le Hasard Ludique alors que le groupe prend ses marques sur scène dans une lumière mauve et sombre. deary attaquent le set avec
Seabird, morceau aux influences très Cocteau Twins. Le son des guitares est parfait. La batterie très percutante d'Harry Catchpole ainsi que la basse d'Alice viennent enjoliver l'ensemble. La voix de Dottie semble encore chercher à bien se positionner dans cette ambiance musicale, possiblement en raison d'une balance pas parfaitement calibrée. Cependant, tout rentre vite dans l'ordre car dès la chanson suivante,
The Moth, le groupe s'exprime musicalement à merveille. Le morceau, presque dansant, enchante la salle parisienne. De sa voix presque fragile, la chanteuse explique que le groupe aime jouer à Paris et trouve la salle vraiment superbe.
Baby's Breath illustre à merveille la mélancolie déployée par les cinq musiciens, donnant cette impression de se trouver dans un rêve musical. Dottie a souvent les yeux fermés pendant le concert, comme totalement immergée dans sa musique.
Gypsophila s'apparente à un tourbillon sonore sur un faux rythme, un peu comme un interlude magique. C'est alors que la chanteuse prend enfin sa guitare pour l'interprétation de
The Drift, à l'esprit pop shoegaze.
Garden Of Eden est un petit bijou intimiste où Dottie nous envoûte de sa voix seule à la guitare acoustique dans un éclairage minimal. Quel magnifique moment ! On reste dans la mélancolie de
Birding avec
Blue Ribbon et ce côté très Lush. D'ailleurs, Alice a un petit côté Emma Anderson, ex-bassiste du mythique groupe shoegaze. Elle apporte, tout comme Nick, de la puissance mais aussi beaucoup d'envergure au son du groupe, notamment aux guitares de Ben Easton, et l'on ne peut qu'apprécier le moment.
Smile, plage d'ouverture de l'album, est jouée ce soir avec une intro planante, presque ambient, suivie d'une interprétation fantastique au final subtilement noisy avant que la batterie ne retentisse pour sonner le glas.
Alma, single imparable, sonne plus pop mais reste terriblement addictif. Dottie esquisse quelques mouvements de danse sur celui-ci. Puis viennent
Dream Of Me et
Fairground, petite perle pop ensoleillée avec laquelle tout a commencé en 2023. Enfin,
Alfie et ses mouvements de batterie évoquant
Running Up That Hill de Kate Bush viennent conclure de très belle manière une heure de concert.
On trouvera inévitablement ce moment trop court, mais deary nous auront fait rêver pendant cette parenthèse suspendue entre ombre et lumière.