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The Orchestra (For Now)

Paris, Supersonic - 10 septembre 2026

Live-report par Jean-Christophe Gé

Dix-huit mois après la découverte de leur premier EP, Plan 75, nous avons enfin la possibilité de voir Orchestra (For Now) au Supersonic à Paris. Dix-huit mois durant lesquels nous avons dû supporter les commentaires de notre reporter qui les avait découverts à Rotterdam et ne cessait de nous répéter : "Et c'est encore mieux en live !". Plus que deux petites heures à attendre, alors commençons par les premières parties.


Ce sont les parisiens de May The Queen qui ouvrent la soirée. Le trio est emmené par un bassiste chanteur fan de pop music et de black midi, une guitariste au look et au son très new wave, et un batteur qui les a récemment rejoints. Le groupe joue sur les ambiances et l'évolution des morceaux avec de longues intro et des morceaux qui tournent dans la semi impro jazz. Un style qui partage avec le punk le rejet de toutes règles.


Toujours en trio, mais dans un style différent, le Breton Sarakiniko est venu accompagné d’un bassiste et d’un batteur. En plus du chant, il gère les machines et la guitare. L’ambiance est plus suave, la basse profonde, et le son rétro des synthés rappelle la BO de Virgin Suicides par Air. Si le chant en français déroute un peu au début, il devient vite convaincant, et d'autant plus qu'il évite le bavardage, laissant une belle place aux mélodies. Le traitement du son est particulièrement soigné, que ce soit sur les synthés, la guitare cristalline ou la section rythmique qui, avec une touche de psychédélisme, part dans de belles envolées. Le cocktail chanson en français, post-punk et rock années 70 fonctionne bien, et j’ai hâte d’écouter le troisième album, qui sort en décembre.

Le moment est bientôt venu, et quand on voit le groupe se préparer sur le côté de la scène, on réalise que nous avons oublié de nous poser une question essentielle : comment les sept musiciens de The Orchestra (For Now) vont-ils tenir sur la scène du Supersonic ? Réponse imminente et en musique : le groupe est tellement en place que chacun sait où se mettre et comment bouger. Jamais les archers de la violoniste ou de la violoncelliste ne se mettront dans le chemin des autres musiciens.
Le set démarre sur les chapeaux de roue avec deux titres de Plan 76, leur deuxième EP qui était en tête de notre Top EPs 2025. Les chansons sont enchaînées, le groupe déchaîné mêle un rock électrique et une voix qui finit en cris, avec la douceur des cordes. Bien sûr, avec un tel big band et des chansons riches en évocations, on pense à une version rock de Black Country, New Road. Mais l’autre groupe du Windmill a sa personnalité, voire même une collection de personnalités, tant chaque membre du groupe a son propre charisme et sa manière de vivre sa musique.


La bassiste est hyper concentrée et jette des coups d’œil au batteur ; à eux deux, ils ont la responsabilité du rythme, et ce n’est pas simple, car ce dernier a l’air complètement déjanté. Le guitariste, sur la droite, est engoncé dans sa capuche, lunettes noires vissées sur le visage ; la violoncelliste s’éclate, hurlant sur les passages les plus enlevés — on est loin de l’ambiance quatuor à cordes. Quant à la violoniste, elle semble plus dans le contrôle.
Leur musique est lumineuse et envoûtante. J’ai l’impression d’être avec une bande de marins ivres en pleine tempête : ça tangue, et ça nous emporte loin. Les nouveaux titres, qui constituent l’essentiel du set, sont tout aussi excellents que ceux que nous connaissions déjà. Ils accrochent immédiatement, sans pour autant livrer tous leurs secrets, ce qui donne une forte envie de les réécouter. Après seulement neuf titres, le concert se termine par Wake Robin, le seul morceau de leur premier EP à être joué ce soir. Le chanteur finit le set assis par terre, dos au public, qu’il ne verra pas partir dans un joyeux pogo final.

CommeDog Race, qui les talonnaient dans notre classement annuel, ce groupe fait tout lui-même sans label ni producteur pour le moment. Backstage, The Orchestra (For Now) nous ont confié que leur premier album était enregistré, il ne reste plus qu'à le mixer. Nous sommes plus que jamais impatients de l'écouter.
setlist
    Hattrick
    Amsterdam
    Born Dripple
    Only For The Day
    Status Quo
    Charlie's Theme
    Again, Again
    Kindly Waits
    Wake Robin
photos du concert
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