En mars 2025, nous jetions une oreille sur un disque pioché dans la bannette « nouveautés ». Après écoutes et emballement, nous découvrions également que l'EP alors entre nos mains n'était pas le premier d'overpass. Quatuor de Birmingham, le groupe s'est lancé depuis 2022 sur les plateformes de streaming avec une poignées de singles efficaces, le menant en catimini en 2023 sur la scène parisienne de nos amis du Supersonic. Pris dans l'entonnoir de cette brillante promotion post pandémie, overpass nous sont passés sous le nez. Peu importe, c'est à la suite de l'enthousiasme ressenti lors de la sortie de Dependent que nous confirmons tout le bien que nous pensons d'eux avec leur debut album Elsewhere, Always.
Pendant ces quelques années où nous usions nos claviers au son de DEADLETTER, Chalk, Wet Leg, Opus Kink ou Fat Dog, overpass continuaient de grandir et d'affiner leur répertoire basé sur un indie rock classique, qui trouve ses racines dans les charts de la fin des années 90 tout début 2000. Des influences où le sens du romanesque dominait avec des mélodies pointues, à l'époque des guitares qui chialaient un désespoir juvénile sur de longs riffs poignants et extrêmement bien ciselés. Le chanteur-guitariste (dans les trois quarts des cas) appuyait de son timbre envoutant ce mal-être et le tout donnait des morceaux aux refrains percutants, qu'on retenait d'un seul coup et qui une fois interprétés dans une salle de concert prenaient des allures d'hymnes de stades. D'ailleurs, nombre de groupes qui ont fondé ce style y ont fini dans des stades, mais pas toujours avec le même prestige.
overpass se composent de Max Newbold, Elliot Rawlings, Indie Armstrong et Jake Bishop. Deux guitares, une basse, une batterie, rien de révolutionnaire et cela n'est en rien un obstacle à un résultat très accrocheur. L'EP Dependent nous avait fait présager d'un groupe extrêmement soigné dans ses compositions, munie d'une production aux petits oignons. Il s'agit ici de musiciens qui savent ce qu'ils veulent et les dix morceaux de ce premier LP sont dans l'exacte continuité de leurs précédents mini-essais.
En somme, nous retrouvons la voix toute aussi fine que suave de Max et ce qui nous plait immédiatement est la richesse des mélodies, qui évitent aux morceaux de sonner redondants. Le cadre est évidemment très bien bordé, on y suit un code précis avec couplets qui débutent doucement pour faire monter crescendo la température et aboutir sur un refrain dynamique, qui sera repris en chœur par les fans.
overpass ont été, comme beaucoup d'autres de leur génération, freinés dans leur entreprise par la pandémie. On comprend ainsi mieux leur extrême précision, ça tape vite, fort et surtout dans le mille. Des chansons facilement accessibles, un peu berceuses telles Union Station ou Is This Real aux senteurs d'Inhaler et de Sam Fender, la furie Biactol des premiers rangs en moins (du moins pour le moment). Certains morceaux nous ramènent à notre tour il y a quelques années sur les bancs du lycée, certaines textures aux délicieuses saveurs des tous premiers Interpol ou Radiohead, tel le très beau Sandman ou Spinning, petite ode très cinématographique d'une élégance simple et très addictive. Un disque qui aurait atteint le top des charts en 1996 car vendeur d'un style qui continue de faire ses preuves trente ans après et qui sait être remis au goût du jour par de jeunes musiciens qui lui apportent la fraîcheur et la vitalité nécessaire pour ne pas sonner comme un « remake de ».
Elsewhere, Always est un premier album raffiné et d'une très grande précision, overpass permettant ainsi de réunir différentes générations d'auditeurs dans un indie rock carré, avec juste ce qu'il faut de douceur et de puissance, bâtit sur de très belles mélodies faites pour plaire au plus grand nombre. Nous attendons maintenant leur retour en France pour vérifier si leur talent prend encore plus d'ampleur sur scène, ce qui semble être le cas sur leurs terres du Royaume-Uni où le groupe rencontre actuellement un succès grandissant.