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Rock en Seine

Saint-Cloud, Rock en Seine, du 26 au 30 août 2026

Live-report publié par Fab le 1er septembre 2026

Nous voici arrivés à mi-parcours de cette édition 2026 du festival Rock en Seine, alors que le Domaine National de Saint-Cloud tient bon après un été de canicule et les précipitations des derniers jours, voire même du matin même. La paille s'est invitée de ci de là, tout comme les bottes aux pieds des plus précautionneux, mais aucune nouvelle averse ne sera à déplorer suite à l'ouverture des portes.


Forfait de dernière minute en raisons de problèmes gastriques et aériens, Ciara Mary-Alice Thompson alias CMAT se voit ainsi remplacée sur la Grande Scène par les irlandais de Kingfishr, venus défendre leur premier album Halcyon publié en fin d'année passée. Le public a quant à lui déjà répondu présent, une foule importante faisant face aux cinq musiciens présents ce jour pour distiller leur musique entre rock, folk traditionnel et country, la présence d'un banjo tout au long du set ne manquant pas de renforcer les comparaisons avec Mumford & Sons. Un set parfaitement lancé par le très efficace I Cried, I Wept, durant lequel le frontman Eddie Keogh aura fait l'étalage de sa présence et son aplomb, mais qui aura malgré tout illustré le manque de profondeur et de diversité du répertoire du groupe, taillé pour toucher le plus grand nombre mais dont les titres fédérateurs sont encore trop peu nombreux à ce jour. Prometteur pour l'avenir, mais peut-être encore trop frais en 2026 pour sortir de la masse.


De l'expérience, de la diversité et une solide réputation construite au cours des deux dernières décennies, Biffy Clyro n'en manquent pas, alors que quinze années se sont écoulées depuis leur dernière participation à Rock en Seine. Depuis, le groupe a rencontré un succès exponentiel outre-Manche, fréquentant désormais les arénas et têtes d'affiches de festival alors que leur plus récent fait d'armes en France les as vu se produire à guichets fermés à l'Olympia à Paris. Sans leur bassiste James Johnstone, au repos depuis plusieurs mois pour soigner des problèmes de santé mentale, mais avec Mike Vennart, Richard "Gambler" Ingram, Naomi Macleod ainsi que deux violonistes en renfort, Simon Neil et Ben Johnston vont livrer aujourd'hui une prestation toute en puissance et intensité faisant la part-belle à leur album le plus populaire à ce jour : Only Revolutions. Entre classiques de leur répertoire (The Captain, Living Is a Problem Because Everything Dies, Mountains) et extraits du récent Futique (A Little Love, Hunting Season), leur set d'une petite cinquantaine de minutes aura su ravir les amateurs de rock décomplexé en attendant la journée du samedi, concluant son concert par deux titres majeurs provoquant le réveil du public : Bubbles et Many Of Horror. Une prestation convaincante, à peine entachée par un goût de trop peu...


De retour sur la Grande Scène, le public s'est entre temps amassé pour accueillir le retour de la révélation de 2022 : Wet Leg. Après avoir écumé les salles et festivals durant une année puis observé un repos salvateur les ayant amenés à publier leur second album, moisturizer, il y a un peu plus d'un an, disque présenté par la suite le temps de deux soirées consécutives à l'Olympia à Paris, les cinq anglais vont aujourd'hui quelque peu manquer leurs retrouvailles avec le public parisien. Malgré une setlist équilibrée entre leurs deux disques et la présence de l'ensemble de leurs titres majeures, la sauce ne prend pas aujourd'hui, tant sur scène que dans la fosse. Si Rhian Teasdale ne ménage pas ses efforts, multipliant les poses aguicheuses tout en exposant sa musculature, Hester Chambers est quant à elle complètement effacée au second plan tandis que Henry Holmes, Josh Mobaraki et Ellis Durand tiennent leurs rôles avec autant d'application que de discrétion. En résulte un set déroulé pied au plancher mais étrangement sans réelle énergie, avec une acoustique parfois brouillonne, face à une foule peu concernée et ne semblant qu'à peine réagir des quelques pépites que comporte la discographie du quintet. Un rendez-vous manqué.


Place est ensuite faite aux vétérans Russell et Ron Mael, alias Sparks, sur la scène Boursobank. Connaissant depuis quelques années désormais un regain certain de popularité, notamment depuis leur collaboration FFS avec Franz Ferdinand il y a un peu plus de dix ans, les deux frères, accompagnés par un trio de musiciens additionnels, vont quant à eux faire preuve d'une envie et d'une implication à toute épreuve pour convaincre les nombreux festivaliers leur faisant face. Si leur pop tantôt arty tantôt synthétique, menée par le piano de Ron, ne sonne pas des plus modernes, les mélodies sont malgré tout bien présentes et le public se laisse progressivement prendre au jeu, notamment sous l'impulsion d'un Russell toujours prompt à se démener microphone en main au premier plan tandis que son frère restera, à de rares exceptions près, complètement statique derrière son instrument. Un set sous forme de rétrospective de leur discographie dont ressortira notamment leur titre le plus populaire à ce jour, This Town Ain't Big Enough For Both Of Us, tant auprès des jeunes que des moins jeunes. Sans être renversants, et alors que leur carrière atteindra bientôt les six décennies, Sparks auront su être touchants et sincères sans tomber dans la ringardise.


La circulation sur le site devenant de plus en plus compliquée au fur et à mesure que les heures passent, c'est à distance respectable que l'on assiste à la prestation de The Black Keys sur la Grande Scène. Si la popularité du duo s'est quelque peu étiolée au fil des année, la faute à une discographie dont la qualité aura décliné progressivement, Dan Auerbach et Patrick Carney savent encore faire preuve d'un savoir-faire scénique parfaitement efficace. Entre garage et blues, accompagnés par quatre musiciens dont le brillant Barrie Cadogan (Little Barrie) en tant que second guitariste, The Black Keys parviennent à conserver l'attention du public tout au long d'un set marqué notamment par deux reprises de The Stooges et Willie Griffin, ainsi que le tube planétaire Lonely Boy. Si le duo n'a sans doute plus grand chose à apporter sur disque, ses prestations live présentent encore un intérêt certain qui aura justifié leur présence aujourd'hui sur la principale scène du festival.


Habitués des lieux pour leur quatrième participation à Rock en Seine, Franz Ferdinand débarquent aujourd'hui en terrain connu face à un public français ayant toujours été friand de leur musique. Leur prestation du jour ne va pas faire exception à la règle, avec une foule compacte amassée devant la scène Boursobank et répondant au doigt et à l’œil aux nombreuses interactions initiées par un Alex Kapranos en grande forme et très loquace, usant et abusant d'un français tout aussi touchant que maladroit. Si le reste de la formation reste toujours en retrait malgré les quelques trémoussements de Julian Corrie derrière ses claviers, la qualité de leur répertoire passé fait la différence. Du The Dark Of The Matinée inaugural à This Fire en clôture, en passant par Do You Want To, Michael ou encore Take Me Out, le public se laisse emporter, seuls les extraits de leur dernier album en date, The Human Fear, rencontrant des réactions plus modérées. Franz Ferdinand n'ont plus rien à prouver, et si une étrange sensation de voir Alex Kapranos porter à lui seul le concert peut encore se faire ressentir de temps à autres, la machine est désormais suffisamment rodée et efficace pour faire du groupe une valeur sûre, même plus de deux décennies après ses débuts.


Alors que la grande majorité des festivaliers de la journée est désormais amassée face à la Grande Scène pour la venue très attendue de Nick Cave & The Bad Seeds, la scène Roc-On Volkswagen accueille quant à elle Tasmin Stephens alias TTSSFU. Signée chez Partisan Records et auteure d'une poignée d'EPs depuis ses débuts, la musicienne attire malgré tout ce soir quelques centaines de curieux. Débarquant dans une robe sombre et accompagnée par trois musiciens tirés à quatre épingles, l'anglaise débute son set par un premier titre dispensable à l'orientation dream pop, avant de rapidement muscler son jeu et électrifier son set. De plus en plus libérée de sa nervosité initiale au fil des minutes, TTSSFU voit la plupart de ses compositions passer un cap dans les conditions du live, notamment lors d'incursions shoegaze ou plus bruitistes. Un set court et concis de quarante petites minutes, la voyant notamment marquer les esprits avec le trio final Baggage, Studio 54 et I Hope You Die, les deux derniers d'entre eux voyant la musicienne évoluer aux quatre coin de la fosse microphone en main avant d'initier un cirle pit bon enfant. Parfois décevante sur disque, TTSSFU sait hausser le ton dans les conditions du live pour un résultat somme toute très convaincant.

Une journée de belle facture, conclue pour la majorité du public face à la messe du géant Nick Cave & The Bad Seeds, en attendant l'alléchant et copieux programme prévu tout au long du week-end !
artistes
    NICK CAVE & THE BAD SEEDS
    THE BLACK KEYS
    FRANZ FERDINAND
    WET LEG
    BIFFY CLYRO
    KURT VILE & THE VIOLATORS
    WILCO
    TTSSFU
    GABRIEL KRÖGER
    TYLER BALLGAME
    PEACHES
    SPARKS
    KINGFISHR
    BILLIE
    LA FLEMME
    SARÃB
photos du festival