Vous le saviez, vous, que les concerts à la Bellevilloise commencent des fois à 20h le samedi soir ? Eh bien moi, non ! Bref, on est en retard pour Freak Slug et
Honest Man se lance dans une salle bondée moins les quelques retardataires encore dans le métro. Le club de la Bellevilloise, plafond bas et speakeasy sponsorisé par la marque de gin couleur saphir, accueille ce soir Xenya Genovese et ses potes, nom de code limace cheloue.
Freak Slug, le projet pop-rock-indie de Xenya depuis maintenant sept ans, accompagnée à Ménilmontant par Nico Thomsen à la guitare, Alex Martin à la basse et Caitlin Mounteer à la batterie. Un groupe qui fait front devant un parterre relativement diversifié mais tout de même dominé par les vingt – trente-cinq ans parisiens fans de musique indie, et rien d'étonnant à cela tant Xenya sait parler à sa génération.
On navigue en douceur avec de nombreuses chansons du dernier EP :
Miss June pour commencer puis l'enchaînement
Honest Man et
Blue Eyes, tout le monde chille en sirotant son verre, ça crie un peu mais tranquillement, avant le retour aux sources vers 2019 avec le tout premier single
Disorder, suivi de près par
Friday et le très gros tube
Radio, la chanson qui a lancé la carrière de Freak Slug. Le public commence à se donner et à se laisser aller, ça répond en face par
Ya Ready, et le concert devient enfin la petite tornade électrique qu'on attendait.
Fini l'indie pop toute mimi, on tape enfin vraiment dans le premier et seul album de l'artiste :
I Blow Out Big Candles. Le meilleur matériel de Xenya en attendant un nouvel album en fin d'année, la disto fait son coming-out et sort du placard, l'ambiance devient rock et grungy, le groupe est ready, le public est ready, direction
Liquorice, une nouvelle explosion et le classique de la corde qui claque.
Xenya meuble en bonne professionnelle, propose à tout le monde de venir les voir au stand de merchandising (et le groupe sera bien au complet pour signer jusqu'au dernier autographe), déplore que la salle ferme si tôt et se demande où elle va pouvoir aller faire la fête après, bref tout le monde est suspendu à ses lèvres pendant que Nico tourne ses manivelles, et en un tournemain,
Killer.

Trop court diront certains, voici déjà
Spells et la fin du concert : Xenya lâche la guitare, se lâche tout court pour ce qui était un poil trop rigide et millimétré jusque-là, le groove de basse fait remuer les hanches, le mur de guitare final nous cueille au sécateur, et dans la nuit parisienne des pétales s'envolent maintenant que la rose a poussé des épines.
Mais il reste encore du chemin à Freak Slug pour atteindre le plein potentiel live de ce qu'on a pu entendre en studio. Un chemin pas insurmontable mais qui demandera du travail et de se faire violence sur scène. Un chemin qui sera peut-être parcouru plus vite que prévu une fois sorti ce fameux nouvel album dont on nous a promis qu'il serait plus rock, plus freak, plus slug... plus Xenya quoi !